Une étude publiée par l’association pour le progrès du management, et réalisée par Opinionway, fait le point sur les usages et la pratique du numérique en entreprise. Si les chefs d’entreprise ont pris conscience de l’enjeu majeur que représente la révolution technologique en cours, ils peinent encore à se l’approprier pour se forger une vision.
Sur le numérique, il n’y a pas débat. Tous les chefs d’entreprise sont d’accord pour dire que c’est une révolution technologique majeure et incontournable. C’est ce que révèle une étude réalisée par l’Association pour le progrès du management (APM) et Opinionway. Dans cette enquête, 9 dirigeants sur dix jugent en tout cas cette révolution technologique essentielle à la performance des entreprises françaises. Ils estiment notamment que le numérique a un impact bénéfique sur la communication auprès du grand public (à 80 %), qu’il est source d’innovation et qu’il permet de gagner du temps (75 %). En revanche, ils sont à peine un sur deux à juger que l’impact de cette technologie est positif en termes de management.
Une méfiance qui peut sans doute s’expliquer par le faible usage professionnel que font les chefs d’entreprises des services numériques. 45 % des entreprises seulement sont dotées d’un site Internet (!). Seuls 27 % des patrons utilisent Facebook dans le cadre de leurs métiers (alors qu’ils sont 91 % à le faire à titre personnel). Quant à Twitter, il ne soulève pas l’enthousiasme : 7 % déclarent posséder un compte sur le site de microblogging.
En termes d’équipement aussi, l’appétence des chefs d’entreprise reste modeste. Un tiers des dirigeants utilisent leurs smartphones dans le cadre professionnel. Et ils ne sont que 12 % à le faire avec leurs tablettes. Au final, le numérique se résume encore dans les entreprises à l’usage du web, à la consultation de mail à distance et à l’utilisation des messageries instantanées. Le cloud computing étant encore ultra-minoritaire : 4 % des chefs d’entreprises déclarent utiliser ce type de service.
Ce que révèle aussi cette enquête, c’est une sorte de schizophrénie des dirigeants. S’ils se sentent impactés par la révolution numérique, ils peinent encore à en percevoir tous les enjeux. Ils sont même 32 % à penser que ce n’est pas à eux d’impulser ce changement dans leur organisation. Un comportement que Stéphane Hugon, sociologue spécialisé dans les mutations technologiques, explique assez bien : « Le numérique remet en cause l’autorité (celui qui décide), il remet en cause l’expertise (celui qui sait), et il rebat les cartes de l’innovation (celui qui crée). » Autant de domaines qui faisaient figure de précarré des chefs d’entreprise.









