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Nucléaire : première étape vers des déchets moins toxiques

Par Thierry Lucas - Publié le
Ligne verticale de l’accélérateur Genepi-3C dans le coeur du réacteur de GUINEVERE
© D.R. - CNRS

Une petite installation de transmutation des déchets hautement radioactifs en éléments moins toxiques a été présentée par le Centre d'étude de l'énergie nucléaire de Belgique (SCK-CEN), associé au CNRS. La préfiguration de futurs réacteurs à neutrons rapides capables de transformer de grandes quantités de déchets.

Réduire la quantité des déchets nucléaires les plus toxiques (dont la durée est supérieure à 1000 ans), et par conséquent la taille des sites de stockage. Ce sont les objectifs du projet de réacteur Myrrha, piloté par le centre nucléaire belge SCK-CEN, qui devrait être capable de transmuter les éléments les plus longtemps radioactifs – les actinides mineurs- en éléments dont la durée de vie est mille fois plus courte. Sur le site de Mol, en Belgique, est construite Guinevere, la première installation qui préfigure Myrrha.

Guinevere est un petit réacteur nucléaire au plomb, dit "sous-critique" : sa réaction en chaîne n'est pas auto-entretenue, comme celle des réacteurs classiques qui produisent de l'électricité, mais il fonctionne en étant couplé à une source de neutrons, fournis par un accélérateur. C'est le CNRS qui a fourni l'accélérateur de neutrons. Son couplage avec le réacteur proprement dit a eu lieu en octobre dernier.

Guinevere produit des neutrons rapides, qui seuls peuvent réaliser la fission de ces actinides en éléments moins nocifs. "Il existe d'autres projets de transmutation des déchets (Etats-Unis, Russie, Japon…), mais le couplage en continu d'une source de neutrons et d'un réacteur sous-critique dans des conditions quasiment industrielles est une première mondiale", affirme Hamit Aït Abderrahim, directeur du projet Myrrha au SCK-CEN.

Opérationnelle en 2023

Guinevere, qui représente 10 millions d'euros d'investissement, permettra de mettre au point les procédures de contrôle et d'exploitation de ce type de réacteur, d'étudier différentes configurations du cœur de réacteur, et de valider les marges de sûreté qui seront utilisées pour concevoir Myrrha. Un programme expérimental qui sera mené jusqu'en 2015 dans le cadre d'Euratom.

Myrrha est une unité pilote qui devrait être opérationnelle en 2023. Son coût est estimé à 960 millions d'euros. Les réacteurs industriels de transmutation qui pourraient ensuite être construits ne pourront pas traiter les déchets déjà conditionnés, mais permettraient de stopper la croissance des déchets stockés.

Les réacteurs de type Myrrha seraient complémentaires d'une filière de réacteurs nucléaires à neutrons rapides de nouvelle génération (génération IV, pour la production d'électricité, cette fois), qui peuvent détruire eux-mêmes une partie des déchets, mais en quantités limitées, indique Hamit Aït Abderrahim.

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