Usine Nouvelle

S’inscrire à la newsletter
Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine de l'Energie

Nucléaire, le choix de la demi-mesure

Ludovic Dupin , , ,

Publié le

Analyse La nouvelle loi de transition énergétique plafonnera la puissance nucléaire installée. Le gouvernement aura la possibilité de fermer des vieux réacteurs, à commencer par les deux de Fessenheim (Bas-Rhin).

Nucléaire, le choix de la demi-mesure © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

La filière nucléaire française n’est pas un long fleuve tranquille ! Le rapport de la commission d’enquête parlementaire sur les coûts de la filière nucléaire, voulue par les députés EELV et dirigée par le député Denis Baupin, dénonce le mur d’investissements auquel fait face EDF pour prolonger la durée de vie de ses réacteurs, la faiblesse des assurances en cas d’accident, les retards du chantier de l’EPR en construction à Flamanville (Manche)… Dans la foulée, c’est la Cour des Comptes qui présentera sa mise à  jour des coûts de la filière nucléaire. Celle-ci met en évidence une augmentation de 20 % en trois ans.

Un plafonnement de l’énergie nucléaire

Ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, Ségolène Royal, dévoilera, mercredi 18 juin, en conseil des ministres, son projet de loi de transition énergétique. Ce texte actera le plafonnement à son niveau actuel de la puissance nucléaire et un changement de gouvernance de la filière française. Si le texte est validé par le Conseil Constitutionnel, le gouvernement aura la possibilité de fermer des vieux réacteurs, à commencer par les deux de Fessenheim (Bas-Rhin).

La loi sera votée à la fin de l’année 2014 selon la ministre, au printemps 2015 selon Matignon. Le président de la République compte tenir sa promesse de ramener à 50 % la part du nucléaire dans le mix électrique de la France d’ici 2025. La centrale alsacienne serait fermée d’ici fin 2016, soit quelques mois avant la fin de son quinquenat, comme il s’y était engagé avant d’être élu.

Soit on progresse, soit on abandonne

Quoi qu’il en soit, le nucléaire restera le pivot du système énergétique tricolore, mais, sans espoir de nouvelles constructions. On est loin des projections optimistes des années 60 et 70 quand les gouvernements successifs imaginaient que la France compterait, en l’an 2000, quelque 70 à 80 réacteurs à eau pressurisée - EDF s’est finalement arrêté à 58 - et 10 ou 20 surgénérateurs. Ces derniers devaient brûler des produits issus des réacteurs traditionnels : les actinides mineurs, plutonium 239… donnant à la France de 2 500 à 3 000 ans de réserves de combustible, selon le CEA. Autre intérêt : se débarrasser des encombrants déchets à très longue durée de vie.

Des surgénérateurs, la France en a compté deux : Superphénix et Phénix. Le premier a été fermé en 1998 en raison de difficultés techniques, le deuxième en 2009 par volonté politique. Ce fut un coup d’arrêt à la quatrième génération de réacteurs française, laissant la place à la conception d’un réacteur de troisième génération franco-allemand : l’EPR. Sans surgénérateur, la filière française nucléaire a un goût d’inachevé… elle ne permet pas d’atteindre la forme d’autonomie énergétique un temps imaginée.

La loi de transition énergétique, qui actera un nécessaire volontarisme en matière d’énergies renouvelables et d’évolution vers une économie décarbonnée, ne tranche pas franchement sur l’atome. La quatrième génération de réacteurs "mangeurs de déchets" incarnée par le surgénérateur baptisé Astrid reste, pour l’instant, à l’état de projet. Cela n’empêche pas, toutefois, Areva de poursuive le développement du réacteur Atmea avec le japonais Mitsubishi. Et il faudra sans doute compter, à l’avenir, avec les projets nés de la collaboration entre Areva, EDF et le chinois CGN.

Ludovic Dupin

Réagir à cet article

1 commentaire

Nom profil

15/06/2014 - 23h02 -

@M. Dupin
Votre exposé comporte plusieurs erreurs : d’abord sur le nombre de surgénérateurs construits en France (il n’y en a eu que 2, vous les citez d’ailleurs). Ensuite le plus ancien, Phénix, qui était un réacteur expérimental, a été arrêté volontairement par l’exploitant car son programme était arrivé à son terme. Quand à Superphénix, véritable prototype industriel, c’est le gouvernement Jospin/Voynet qui l’a mis à l’arrêt pour des raisons purement politiques (l’alliance PS/Verts était à ce prix) ; cet arrêt a coûté très cher à la France, d’abord en indemnisation des partenaires d’EDF dans ce réacteur, ensuite en avance technique perdue.
Mais les circonstances ont changé : EDF est devenue une SA, société de droit privé avec des actionnaires. Deux arguments juridiques invalideront ce projet de loi : le fait que la propriété privée est garantie par l’article 14 de la Constitution « Le droit de propriété est garanti : il ne peut y être porté atteinte que par nécessité publique ou dans l'intérêt général de la collectivité ». EDF n’aura aucun mal à démontrer qu’un arrêt serait contraire à l’intérêt général du pays, quant à la nécessité publique, l’ASN s’est prononcée sans ambiguïté sur la fiabilité des installations. L’autre motif juridique est que l’Etat, actionnaire majoritaire, ne peut léser les minoritaires sous peine d’ « abus de majorité ».
On peut objecter que le projet plafonne la puissance installée, sans demander de mise à l’arrêt ; or en droit, c’est l’intention qui compte, peu importe la forme. Le fait pour l’Etat d’avoir choisi comme plafond la valeur de la capacité nucléaire actuelle, et d’avoir déjà autorisé la création de l’EPR de Flamanville, revient implicitement à exiger l’arrêt de réacteurs en service pour pouvoir démarrer l’EPR ; et comme dit précédemment, EDF ou d’autres parties prenantes n’auront aucun mal à faire invalider les dispositions du projet de loi.
Ce qui est triste, c’est que ce sera le nième projet de loi repoussé par le Conseil d’Etat ou Constitutionnel, montrant une fois encore l’amateurisme du pouvoir en place. Ceci s’ajoute au fait que la transition énergétique devrait cibler les énergies fossiles, à la fois pour préserver notre planète et la balance commerciale. Or le projet, dans l’état que nous connaissons, est principalement axé sur l’électricité nucléaire. L’idéologie des Verts et les calculs politiques du PS les ont conduit dans une mauvaise voie, et même dans l’impasse. Tant pis pour eux.
Répondre au commentaire

Les entreprises qui font l'actu

 

Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus