Novartis avale l’ophtalmologiste américain Alcon pour 50 Mrds$
Par Matthieu Maury - Publié leLe laboratoire suisse grimpe à 77 % du capital d’Alcon, en rachetant 52 % à son compatriote Nestlé. Dans le cadre d’une offre publique d’échange, Novartis compte récupérer les 23 % encore en Bourse du numéro 1 mondial des produits ophtalmologiques. Le coût total de l’opération atteint près de 50 milliards de dollars.
Dans un premier temps, le groupe pharmaceutique suisse, qui possédait déjà 24,85 % du capital d’Alcon, acquiert auprès de Nestlé 52 % du numéro 1 mondial des produits ophtalmologiques. Une transaction qui s’élève à 28,1 milliards de dollars, financée sur ses liquidités à hauteur de 16 milliards, le reste via endettement à court et long terme. Pour atteindre 77 % des actions Alcon, Novartis exerce en fait une option (valable entre janvier 2010 et juillet 2011) accordée par Nestlé lors du rachat des 24,85 % en avril 2008 (pour 10,4 milliards de dollars).
Dans un second temps, le laboratoire bâlois prévoit d’acquérir les 23 % du groupe américain encore en Bourse, dans le cadre d’une offre publique d’échange de 2,8 de ses actions pour 1 titre Alcon (soit 153 dollars par action Alcon). La facture de cette seconde opération est estimée à 11,2 milliards de dollars. Soit un coût total d’environ 50 milliards de dollars pour atteindre 100 % du capital. Le tout devrait être bouclé au second semestre 2010.
300 millions de dollars de synergies par an
En ce qui concerne les synergies, Novartis anticipe 200 millions de dollars par an (avant impôts) durant les trois premières années, auxquels s’ajoutent 100 millions d’économies annuelles supplémentaires dès que la fusion sera effective. Le concurrent du français Sanofi-Aventis renforce ainsi sa présence sur le marché des soins oculaires, dont la forte croissance est tirée par le vieillissement de la population, les innovations et les marchés émergents.
Après fusion, la division d’ophtalmologie de Novartis comprendra Alcon (produits chirurgicaux, pharmaceutiques et en vente libre), sa filiale Ciba Vision (lentilles de contact) et des médicaments ophtalmiques complémentaires (comme le Lucentis contre la forme exsudative de la dégénérescence maculaire liée à l'âge). Soit un chiffre d’affaires cumulées de 8,5 milliards de dollars pour plus de 15 000 salariés et des activités qui couvrent plus de 70 % du secteur des soins de la vision.
De son côté, Nestlé empoche une plus-value de 40 milliards de dollars pour un coût d’achat de 280 millions de dollars en 1977. Avec cette manne, le géant de l’agroalimentaire va notamment lancer un nouveau programme de rachat d’actions (d’environ 10 milliards de francs suisses).

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