Nouvelles percées de l'énergie nucléaire dans le monde26/03/2008
L'Egypte, la Turquie et Bahreïn veulent à leur tour se doter de centrales. Le Moyen-Orient est au cœur d'une compétition entre russes, français et américains
Le président égyptien Hosni Moubarak a signé hier à Moscou un accord de coopération nucléaire, qui ouvre la voie à la candidature russe dans l'appel d'offres pour le premier réacteur nucléaire égyptien (un marché estimé à 1,8 milliard d'euros). La Russie, en plus de consolider ses positions au Proche-Orient, continue ainsi sa montée en puissance sur le secteur face aux leaders américains de l'atome et au numéro un mondial Areva. Elle a déjà assuré la construction de la centrale de Bouchehr en Iran, actuellement en finalisation, et signé plus récemment encore un contrat pour une autre centrale à Belene en Bulgarie. Dimanche, c'était au tour d'Ankara de lancer un appel d'offres pour la première centrale nucléaire turque. Le site d'implantation choisi (Akkuyu, dans la province de Mersin) avait déjà fait l'objet d'un tel projet en 2000, abandonné faute de financement. Les consortiums intéressés ont jusqu'à fin septembre pour déposer leurs offres auprès de la compagnie publique de distribution électrique Tetas. Entièrement financée par le secteur privé sans intervention de l'Etat, la centrale doit être raccordée au réseau à l'horizon 2013/2014. La Turquie ne compte pas s'arrêter là : au total, ce sont trois centrales nucléaires qui seraient en projet. Objectif : réduire la dépendance énergétique du pays. Le groupe Areva s'était déjà déclaré intéressé le mois dernier, alors que l'appel d'offre n'était pas encore officiel. Enfin les Etats-Unis y sont également allés lundi de leur propre coup de pouce atomique, avec la signature à Washington d'un accord de coopération avec le Sultanat de Bahreïn. En filigrane, le contrat vise à promouvoir un programme de développement nucléaire civil pour le Proche-Orient, en alternative au modèle iranien condamné par Washington. Barhein, qui en serait la vitrine, s'est engagé, contrairement à Téhéran, à s'en remettre aux marchés internationaux existants pour l'achat de combustible nucléaire, renonçant aux technologies sensibles d'enrichissement de l'uranium. David Jamard |
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