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Nouveaux tarifs de l’électricité : les consommateurs irréguliers perdants

Par Ana Lutzky - Publié le
Energie
© Fotolia

Les entreprises à la consommation en yo-yo durant la journée ou dans l’année, en particulier celles à l’activité saisonnière, seront les plus pénalisées par la hausse des tarifs de l’électricité qui prend effet le 15 août. Explications.

Quelles sont les hausses prévues par la nouvelle grille tarifaire ?

Les PME, en deçà de 36 kVa, seront soumises à une hausse de 4%.
Les moyennes entreprises, dont la consommation correspond à une fourchette comprise entre 36 kVA, et 250 kVa (tarif jaune), seront soumises à une hausse moyenne de 4,5%.
Les plus grandes entreprises, catégorie où se situent la plupart des industriels car au-delà de 250 kVA (tarif vert), seront soumis à une hausse de 5,5%.

Quelle est la part de la facture d’électricité dans le budget global d’une entreprise ?

En moyenne en France, l’électricité représente 5% de la valeur ajoutée d’une entreprise. « La hausse subie ce 15 août ne représente qu’une toute petite partie de la valeur ajoutée des entreprises, leur électricité reste compétitive », rassure Marc Benayoun, responsable économie tarifs et prix chez EDF.

Parmi les entreprises, qui sont les perdants de la nouvelle grille tarifaire ?

Tarif Jaune (10% de la consommation en France)

Plus de 50% des entreprises subiront des hausses de 4%à 6%, ou de 6% à 8% en moyenne selon les segments.
Environ 10% des entreprises subiront des hausses supérieures à 10%
1% des entreprises bénéficieront de baisses de tarifs.

Tarif vert (176 TWh soit la moitié de la consommation en France, 115.000 sites)
54% des entreprises subiront des hausses de 4 à 6% en moyenne.
18% des entreprises subiront des hausses de 6 à 8% en moyenne.
11% entreprises subiront des hausses de 8 à 10% en moyenne.

Les entreprises qui subissent les plus fortes hausses, supérieures à 10%, font largement les frais d'un "effet transport". Elles paient la répercussion des coûts d’acheminement de l’électricité. En effet, la grille a été peu modifiée entre 1996 et 2009 : ces hausses actuelles sont liées à la fin de la mise en place du Turpe, qui rémunère les frais de transports et d’acheminement de l’électricité reversés à RTE et ERDF, et autrefois ventilés en interne dans les comptes d'EDF, indique Marc Benayoun. Parmi les entreprises touchées, celles à usages saisonniers (suractivité l’hiver ou l’été, arrêts durant la journée ou la nuit…), plus coûteuses à fournir pour EDF que des clients dont la consommation est stable.

Que sont les « postes » ?

La consommation sur l’année est divisée en plusieurs « postes » ou «options tarifaires». Un poste représente un certain nombre d’heures dans l’année. Les particuliers n’ont que 2 postes (heures creuses/heures pleines), les entreprises soumises au tarif jaune ont 4 postes, les entreprises soumises au tarif vert ont 5 ou 8 postes.  Au sein du classique tarif vert 5 postes, on retrouve des gros datacenters informatiques, des opérateurs de machines-outils, ou des agriculteurs.

En « pénalisant » les entreprises dont la différence de consommation entre les postes est plus élevée, la nouvelle grille tarifaire incite plus fortement que par le passé à consommer de façon équilibrée voire plate sur l’année.

Qui fixe les tarifs régulés ?

Les tarifs sont fixés par le gouvernement après avis de la CRE. Néanmoins, EDF présente une étude de coûts et d’investissements qui correspondent à chaque groupe de clients, sur laquelle se base le décideur public.

Les tarifs régulés  sont-ils uniquement proposés par EDF ?

Effectivement, l’opérateur historique EDF est le seul à proposer des tarifs régulés. Si elle ne souhaite pas souscrire aux tarifs régulés, l’entreprise peut décider de se tourner vers un autre fournisseur d’électricité tel que GDF-Suez, Powéo ou Direct Energie.  Cette dernière peut revenir à EDF, mais doit attendre au moins un an. EDF a ainsi perdu des parts de marché auprès des entreprises soumises au Tartam, marché dont EDF contrôle 60%. Pour le reste, les offres de l’opérateur historique sont très compétitives.

Quels industriels se fournissent auprès d’EDF à des tarifs non régulés ?

Il s’agit des électro-intensifs tels que ceux réunis au sein du consortium Exeltium : papetiers, sidérurgistes, chimistes comme Air Liquide, ArcelorMittal, Arkema, Rio Tinto Alcan, Rhodia, Solvay.

EDF ne tire que 6% de son chiffre d’affaires à ce types contrats de long terme indexés sur le marché de gros. Les 94% restants proviennent des recettes du tarif régulé et du Tartam.

Dans le cadre de la future loi Nome, l'ensemble des entreprises sortira des tarifs régulés : les tarifs jaunes et verts disparaîtront en 2015, et les clients industriels seront censés se fournir sur un marché concurrentiel. Resteront les tarifs bleus pour les particuliers et parofessionnels, qui représentent 40% du chiffre d’affaires d’EDF.


 

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