La maison de champagne vient de mettre en service ses nouvelles installations d’habillage et d’expéditions. Un investissement de 12 millions d’euros rendu nécessaire par le développement continu de la marque et par sa dernière innovation, la bouteille 1846.
Après une première étape de modernisation de ses outils de production - construction d’un pressoir, d’une cuverie et de celliers à Mareuil-sur-Ay -en 2005, Bollinger franchi un nouveau pas dans sa marche en avant. La maison fondée en 1829 s’est dotée d’un nouveau site de de 10 000 m², construit sur un terrain de 8 hectares au cœur de la Côte des Blancs à Oger (Marne). Doté des tout derniers équipements techniques, ce bâtiment « élégant s’inscrivant dans le paysage champenois » peut traiter 1 060 palettes de matières sèches (bouteilles, étiquetage, packaging), un million de bouteilles de vins dosés pour sortir 1 000 palettes de produits finis… Un investissement de 12 millions d’euros.
« Nous avions plusieurs impératifs, explique Jérôme Philipon, président du directoire de Bollinger. Il fallait accompagner la croissance de nos ventes en volumes, de + 8 % l’an passé, après + 21 % entre 2009 et 2010. Notre site d’Ay était trop exigu pour assumer ce développement, et une solution a été trouvée non loin de notre siège, sur la commune d’Oger. Nous devions également répondre aux contraintes réglementaires imposées par la France et l’Europe et disposer d’un bâtiment aux normes les plus actuelles. » Le respect de l’environnement est une priorité de la maison qui vient d’ailleurs d’être certifiée HVE (Haute Valeur Environnementale) pour la conduite de son vignoble (164 hectares en propre). C’est la première maison de négoce de Champagne à pouvoir revendiquer cette distinction en France.
Une bouteille très identitaire
L’opération de construction aura été rondement menée puisque le chantier s’est déroulé entre les printemps 2011 et 2012. Autre nécessité, de première importance : changer la ligne d’habillage des bouteilles, datant des années 1990, pour s’équiper d’une ligne plus performante, et capable, surtout, d’accueillir la nouvelle bouteille signée Bollinger, nommée 1846 - une réplique du flacon soufflé à la bouche, datant de cette époque, retrouvé dans les caves - à la base plus large que la bouteille classique, dite champenoise. Assez révolutionnaire, cette nouvelle bouteille de 75 cl possède les propriétés d’un magnum, avec un ratio (diamètre du col/diamètre du fût) permettant une meilleure conservation du vin (ralentissement de l’échange d’oxygène). Elle devient par ailleurs un nouvel élément identitaire pour la marque chère au célèbre agent secret de Sa Majesté, James Bond.
Dix-neuf salariés ont été transférés du site d’Ay sur Oger et deux embauches complémentaires ont été réalisées pour faire fonctionner ce nouveau site d’habillage (étiquetage, pose de collerette), de conditionnement et de stockage qui doit permettre d’améliorer encore la qualité de service offerte aux clients, situés à 85 % à l’export.
« Nous voulons mieux servir nos importateurs en réduisant nos délais d’expéditions, de trois à quatre semaines pour certains pays, à moins de deux semaines dorénavant », argumente Jérôme Philipon qui compte sur les Jeux Olympiques de Londres pour accroître ses ventes au Royaume-Uni, son premier marché. Au total, Bollinger (propriété du groupe familial indépendant SJB) compte 130 salariés permanents et le chiffre d’affaire annuel de l’entreprise dépasse aujourd’hui les 60 millions d’euros.











