Nouveau comité exécutif de Thales: le geste fort de Lévy envers les syndicats

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Jean-Bernard Lévy, PDG de Thales
© MEDEF - Flickr - C.C

Le groupe français Thales a annoncé la réorganisation de son comité exécutif le 1er février. Surprise : le nouveau PDG du groupe Jean-Bernard Lévy y exerce la fonction de directeur général délégué aux Ressources humaines, par intérim. Un geste "symboliquement important" pour les syndicats, échaudés lorsque l'ancien PDG Luc Vigneron avait décidé l'absorption des ressources humaines par la direction des Opérations.

Pas (ou peu) de surprises à l'annonce des nomitations au comité exécutif du groupe français d'électronique pour l'aéronautique et la défense, Thales. Mais un geste fort de la part du nouveau PDG du groupe, Jean-Bernard Lévy, fraîchement arrivé à la tête de l'électronicien le 20 décembre suite au "débarquement" de Luc Vigneron.

"Dans l’attente de la prochaine nomination d’un directeur général en charge des Ressources humaines et membre du comité exécutif, Jean-Bernard Lévy assure cette fonction par intérim", annonce un communiqué. Une décision nécessaire, au sein d'un groupe miné depuis des mois par des conflits sociaux autour de la réorganisation menée par l'ex-PDG Luc Vigneron.

L'indépendance retrouvée de la direction des RH

"Jean-Bernard Lévy a voulu redonner son indépendance à la direction générale des Ressources humaines. Et il a tenu à occuper ces fonctions lui-même en attendant la nomination de quelqu'un à sa tête", a indiqué une porte-parole de Thales à L'Usine Nouvelle.

Un mouvement qui n'est pas sans portée symbolique. Sous l'ère Vigneron, l'intersyndicale CFDT/CFE-CGC/CGT de Thales était montée au créneau afin de dénoncer l'absorption (ce qu'elle appelait "l'asservissement") de la direction générale des Ressources humaines par la direction générale des Opérations.

En juillet dernier, lors d'un vaste jeu de chaises musicales savamment orchestré par Luc Vigneron, son bras droit Patrick Fournié est catapulté directeur général en charge des Ressources Humaines et des Opérations, englobant par la même la fonction "ressources humaines".

Après de vifs mouvements de protestation de l'intersyndicale et une forte mobilisation chez les salariés également, Luc Vigneron est débarqué de la tête de Thales en décembre dernier, Jean-Bernard Lévy, ex-patron de Vivendi, est nommé, et il remercie Patrick Fournié.

"Que M. Lévy prenne l'intérim, c'est symboliquement important pour nous, cela prouve l'importance qu'il accorde aux ressources humaines", se satisfait Didier Gladieu, coordinateur CFDT au sein de l'intersyndicale de Thales. "C'est positif, le dialogue social devrait retrouver des voies qu'il n'aurait jamais dû quitter chez Thales".

"Les organisations syndicales vont se réunir dans les prochains jours afin d'évoquer ce point. Nous attendons bien évidemment de savoir qui sera nommé à la tête de cette direction générale pour être totalement rassurés, mais le fait que les RH retrouvent leur place au comité exécutif, c'est une très bonne chose", nuance-t-il.

Patrice Caine, l'homme qui monte chez Thales

Un temps pressentis pour diriger Thales, Pascale Sourisse et Patrice Caine s'imposent comme les personnages clés autour du président Lévy. Reynald Seznec, ancien homme fort de l'ère Vigneron, est nommé directeur général adjoint, chargé de missions auprès du PDG. Entre les lignes et derrière le titre, il s'agit d'une mise à l'écart pour l'ancien patron de la filiale spatiale de Thales, Thales Alenia Space.

Nouveau venu au comité exécutif : Patrice Caine, l'homme qui monte chez Thales. Il est nommé au poste directeur général des opérations et de la performance. Un véritable bras droit sur la stratégie interne pour Jean-Bernard Lévy.

De son côté, Pascale Sourisse hérite de fonctions élargies. Directrice générale en charge du développement international de la zone A (États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Pays-Bas, Norvège, Corée du Sud, Australie, Europe Centrale et du Nord et Asie du Nord) jusqu'à aujourd'hui, elle récupère les fonctions de Reynald Seznec en ayant désormais sous son aile le développement international de la zone B (Allemagne, Autriche, Suisse, Italie, Espagne, Singapour, Amérique Latine, Reste de l'Europe, Moyen-Orient et Afrique, Asie Occidentale et Asie du Sud).

Hervé Multon, jusqu'alors directeur général en charge de la Stratégie, hérite également de fonctions élargies en récupérant la direction de la R&T (recherche & technologie).

Parmi les autres nominations : Pascal Bouchiat conserve son poste de directeur général en charge des Finances et Systèmes d'Information ; Philippe Logak, jusque là secrétaire général de SFR, retrouvera son ancien patron chez Vivendi le 1er mars prochain pour occuper les fonctions de secrétaire général de Thales.

"Jean-Bernard Lévy a émis le souhait de constituer un comité exécutif plus restreint que le précédént", commente-t-on chez Thales. Passé de 14 à 8 personnes, le "comex" a subi une véritable épuration... dans l'attente de nouvelles nominations.

Elodie Vallerey

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