Nouveau bras de fer entre Abidjan et Trafigura
Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le
L'Etat ivoirien réclame 340 millions d'euros supplémentaires pour terminer la dépollution de sa capitale économique.
Dans une étude, « Projet de dépollution du district d'Abidjan suite au déversement des déchets du Probo Koala », réalisée par le Bureau national d'études techniques et de développement (BNETD) et le Centre antipollution (Ciapol), l'Etat ivoirien chiffre désormais à 340 millions d'euros le plan de dépollution complète de la capitale économique de Côte d'Ivoire.Affréteur du cargo responsable de l'épandage de 528 mètres cubes de déchets toxiques en août 2006 ayant provoqué la mort d'une quinzaine de personnes et plusieurs milliers d'intoxication, Trafigura avait effectué un premier versement de 152 millions d'euros au gouvernement ivoirien en échange de l'abandon des poursuites judiciaires, et de la libération de ses dirigeants emprisonnés.
Selon l'accord signé en février dernier, Trafigura s'était de plus engagé à « prendre en charge l'identification et la dépollution complémentaire des sites pouvant encore contenir des déchets ». A cette fin, Trafigura et les autorités ivoiriennes ont lancé le 10 mai un « audit environnemental » afin d'évaluer les travaux de dépollution restants dont « les résultats ne seront pas donnés avant plusieurs semaines », précise un représentant du trader.
D'où la réaction de Trafigura au résultat de l'étude menée conjointement par les deux organismes publics ivoiriens : « Trafigura récuse totalement les chiffres qui sont annoncés dans le projet. C'est un document unilatéral qui émane des avocats de l'Etat ivoirien et qui n'engage que ses auteurs. » L'étude tombe au moment où de nouvelles manifestations des victimes dénoncent le non versement de leurs indemnités et le « détournement » par l'Etat des 152 millions d'euros déjà versés par Trafigura.
Dans un appel, le président Gbagbo a invité une nouvelle fois la population « au calme et à la sérénité » tout en réaffirmant sa volonté de mener l'indemnisation avec « rigueur et transparence ».
Pascal Coesnon

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