Félix Bräutigam, PDG de Porsche France.
Avec la montée en puissance des questions environnementales, les modèles Porsche ont-ils du souci à se faire ?
Je ne crois pas. Nous aurons toujours des clients qui auront envie de se faire plaisir au volant de nos voitures. Il faut en plus replacer les choses dans leur contexte. Aujourd'hui, on fait la chasse aux grosses cylindrées mais hier, les journalistes reprochaient à Porsche de ne pas offrir des moteurs assez puissants. A l'époque, nous avions déjà mis en place une stratégie de downsizing. Cette avance nous permet aujourd'hui d'offrir à nos clients une 911 émettant 230 g de CO2 par km, soit la même performance que le 4x4
Renault Koleos.
Verra-t-on un jour des Porsche électriques ?
Il est trop tôt pour le dire. Nous sommes déjà en train de développer un Cayenne hybride. Et pour le long terme, vous pouvez être sûr que nous investissons des montants très importants pour assurer l'avenir de nos produits. Nos trois grands axes de développement sont l'électrique, l'hybridation et les biocarburants. Mais pour aller plus loin, le politique doit définir des objectifs clairs et pérennes aux constructeurs. Et sur cette base laisser nos ingénieurs chercher la meilleure solution.
Pouvez-vous trouver un appui du côté de Volkswagen sur ces sujets ?
Il est certain que Porsche a beaucoup à apprendre de Volkswagen en matière d'émissions et de consommations. Mais les synergies avec le groupe de Wolfsburg ne s'arrêtent pas là. En production, nous partageons déjà en partie les coûts pour les 4x4 Cayenne et Touareg. Nous profiterons de cette expérience pour le lancement de la Panamera, notre future berline. Nous espérons aussi partager de plus en plus de frais R&D avec VW. Dans un contexte où chaque progrès technologique coûte de plus en plus cher, c'est un atout de poids. Enfin, Porsche devrait aussi profiter de la puissance de frappe de Volkswagen au niveau des achats.
Porsche doit-il craindre la crise financière actuelle ?
Nous sommes sereins. Nous avons toujours réussi à financer nos investissements grâce au cash généré par nos bénéfices. Et quand à nos clients, ils ne sont pas en première ligne. La majorité d'entre eux sont des patrons de PME ou des professions indépendantes, pas des brokers.
Propos recueillis par Thibaut De Jaegher