imprimer

"Nous traitons la situation de nos expatriés au Japon au cas par cas"

Par Barbara Leblanc - Publié le
aéroport
© mrhayata-Flickr-C.C

Les grands noms de l’industrie français sont présents au Japon à travers des activités commerciales ou des sites de production. Ils partagent depuis le séisme du 11 mars une priorité : celle de sécuriser la situation de leurs salariés locaux et expatriés.

- Le groupe Renault ne possède ni usine, ni bureau dans le pays, mais avait environ 70 personnes sur place. Des expatriés de longue date ou pour des missions au long cours dans le cadre de l’Alliance avec Nissan. Depuis vendredi matin, le constructeur a mis en place une cellule de crise avec des contacts pluriquotidiens avec chaque collaborateur. Tous sont sains et saufs, ainsi que leur famille. Suivant les recommandations du gouvernement français et des autorités locales, la plupart des familles ont quitté Tokyo et sa région pour se rendre soit en Corée, pays dans lequel Renault a une filiale, soit dans le sud du pays. Mais chez Renault on privilégie le choix de chaque collaborateur et sa situation personnelle. « Nous avons des salariés qui ont une famille, d’autres qui ont un conjoint japonais, précise la porte-parole du constructeur. On ne peut pas agir de la même manière avec chacun d’entre eux. Nous faisons donc au cas par cas ». L'entreprise a par ailleurs annoncé le versement de 500 000 euros de dons à la Croix-Rouge et invite les salariés à se mobiliser. 

- Le partenaire japonais du constructeur français, Nissan, a décidé de suspendre tout déplacement professionnel entre le Japon et d’autres pays du monde. Tous les expatriés européens et américains essentiellement, comme les collaborateurs japonais, vont bien. Reste que « tout le monde est traumatisé, même si les personnes sur place sont hyper préparées à ce genre de séisme », assure un porte-parole en France. Il confie avoir des contacts réguliers avec ses homologues au Japon, par mail, téléphone ou visioconférence.

- La direction d’Areva a proposé à ses 13 expatriés présents sur place de rentrer s’ils le désiraient. Mais pour l’essentiel, ils ont décidé de partir dans d’autres régions du pays et de quitter Tokyo et ses alentours, sauf pour quelques opérationnels. Mais 18 salariés allemands et américains envoyés en mission sur la centrale de Fukushima sont rentrés dans leur pays respectifs. « Ils étaient là-bas dans le cadre d’une mission de service sur la centrale, explique un porte-parole. Mais dès lundi, ils ont été évacués des alentours du site ». Le groupe est présent au Japon à travers une coentreprise de fabrication de combustible avec Mitsubishi notamment et possède une filiale de fabrication de zirconium pour des gaines de crayons de combustible. Des sites situés à Tokai et Rokkashomura, dans le nord du pays.

- Le groupe agroalimentaire Danone possède une seule usine de produits laitiers frais à 50 km au nord de Tokyo. Le site a été peu affecté par le séisme. Pour autant, « nous avons pris la décision dès mardi d’arrêter la production pour permettre à nos salariés de rester chez eux avec leur famille, explique un porte-parole. Nous leur avons donnés toutes les consignes de sécurité notamment en cas d’accident nucléaire ». Le groupe compte aussi une activité d'eau en bouteille, mais à l'importation. 
Sur ses 400 salariés environ, seule une quinzaine est expatriée. La direction leur a demandé de faire sortir leur famille du pays, mais leur a laissé le libre choix de quitter ou non leur poste de management. « C’est à chacun de décider de partir ou non et de laisser ou non leurs équipes », assure le porte-parole. Pour l'heure, les décisions sont variées. 
Par mesure de solidarité, le groupe a fait don de ses stocks de Volvic au gouvernement et réfléchit à la possibilité de fournir de l’eau en bouteille aux autorités locales. Seul frein : il faut l’accord de ces autorités. « Le pays a une tendance au protectionnisme, et nous ne pouvons rien faire sans leur accord », assure le porte-parole.

- Air Liquide a mis en place dès le début des évènements un plan de continuité des activités pour venir en soutien aux clients et à la population japonaise. « Par exemple, nous fournissons de l’oxygène dans les hôpitaux et chez les citoyens malades », précise un responsable du groupe.  Quant aux familles de ses salariés expatriés, elles ont quitté le Japon vers leur pays d’origine. Le siège de l’entreprise situé à Tokyo a par ailleurs été déplacé dans la région d’Osaka.

- Chez Valeo, les 22 expatriés ont eux aussi le choix entre se rendre plus au sud ou dans un autre pays ou rentrer dans leur pays d’origine. Deux usines de l’équipementier sur les cinq présentes dans le pays ont dû être arrêtées quelques heures, mais fonctionnent à nouveau normalement. Elles sont éloignées du lieu du séisme.

Photo : mrhayata-Flickr-C.C


 

Partagez l’info :

Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cet article sur Wikio envoyer à un ami

Effectuer une autre recherche

Rechercher
À la une
Jean-Baptiste Collin de Sussy

La sémantique de l'industrie

Ne dites plus industrie, mais redressement productif. C'est désormais le nom de ce ministère qui a vu le jour pour la...

Neri Oxman

L'impression 3D détournée par l'artiste Neri Oxman

L'architecte et designer Neri Oxman expose au Centre Georges Pompidou, à Paris, ses sculptures...

Guillaume Klossa

"Je suis fasciné par les technologies sans fil"

Guillaume Klossa, qui vient de publier un rapport sur l'impératif industriel, répond à notre...

Arnaud Montebourg

La semaine chargée d’Arnaud Montebourg, et le reste de l’actualité industrielle

On le savait déjà. Ministre est un métier à plein temps. Arnaud...


© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation - RSS - Pour nous contacter