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"Nous nous imposons comme un fournisseur nucléaire de rang 1"

Par Ludovic Dupin - Publié le
Centrale nucléaire - Etats-Unis
© HeyRocker - Flickr - C.C.

Didier Kayat est directeur général de Daher, en charge de la stratégie. Début septembre, l’équipementier aéronautique (1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2010) se renforçait dans le nucléaire avec l’acquisition de deux PME françaises : Vanatome et Verdelet.

L'Usine Nouvelle - Avec l'acquisition de ces deux PME spécialistes du nucléaire, quelle stratégie suit Daher ?
Didier Kayat - Historiquement, Daher est un prestataire de services. Il y a une quinzaine d'années, le groupe a décidé de prendre son destin en main et de devenir un industriel. Pour cela, il a été choisi de se concentrer dans des domaines d'excellence française, des domaines se caractérisant par des flux industriels faibles et où l'ingénierie est fondamentale. Suivant cette logique, nous nous sommes renforcés, il y a une dizaine d'années, dans l'aéronautique. Et en 2007, nous avons pris pied dans le nucléaire en rachetant l'activité transport nucléaire de la Deutsche Bahn. Depuis, nous nous sommes peu à peu développé sur l'aval et l'amont des activités nucléaires. En acquérant Vanatome et Verdelet (31 millions d'euros de chiffres d'affaires, 150 salariés), nous débarquons sur le marché même des centrales en fournissant des pièces pour les secteurs primaire et secondaire des réacteurs. Grâce à cette acquisition, nous faisons partie des quatre plus importants équipementiers nucléaires français de rang 1. Notre objectif est de doubler notre chiffre d'affaires d'ici trois à cinq ans pour passer de 130 à 250 millions d'euros

Quelles seront les conséquences sur l'outil industriel pour Daher ?
Pour les activités nucléaires, Daher possède aujourd'hui une usine à Montrichard (Loir-et-Cher). Avec la dernière opération, nous avons acquis l'usine de Vanatome à Saint-Vallier (Drôme) et celle de Verdelet à Neuville-Les-Dieppe (Seine-Maritime). Notre première décision est d'investir dans l'usine de Saint-Vallier afin de doubler, voire tripler sa capacité. Elle est spécialisée dans la fourniture de vannes, de robinets et de pièces pour les sous marins nucléaire français. Cela représentera un investissement de 5 millions d'euros sur trois années.

Votre renforcement dans l'atome est concomitant avec la décision d'EDF de diminuer son nombre de sous-traitants…
Nous avons connu le même phénomène, il y a quelques années, dans l'aéronautique. Il s'agit d'une structuration de la filière et nous nous imposons aujourd'hui comme un fournisseur de rang 1. Avant la catastrophe de Fukushima, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) prévoyait la construction de 250 à 450 réacteurs, et l'industrie était incapable de répondre à cette demande. Aujourd'hui, il va être possible de servir la demande des différents pays.

Propos reccueillis par Ludovic Dupin

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