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« NOUS NE VOULONS PAS DEVENIR UNE MULTINATIONALE DU SPATIAL »

Par PROPOS RECUEILLIS PAR HASSAN MEDDAH - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3259

Marco Fuchs, le PDG d'OHB, défend son statut d'outsider. Il estime que sa taille est un atout face à la concurrence. Et ambitionne de réaliser 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires d'ici à 2020.

Quand verrons-nous sortir de vos ateliers les premiers satellites Galileo ?

Nous sommes dans la phase finale du développement technologique, une étape critique dans tout programme spatial. La validation de notre solution par les experts de l'Agence spatiale européenne (ESA) doit intervenir d'ici à la fin de l'année et donnera le véritable coup d'envoi de la production. Le hall d'assemblage est prêt, les outillages, les process et les équipes é galement. L'objectif est de produire les 14 satellites à un rythme d'un toutes les six semaines. Je suis confiant dans notre capacité à tenir les délais.

Outre Galileo, OHB contribue à d'autres projets satellitaires d'envergure (Météosat 3e génération, système EDRS...). Comment allez-vous relever tous ces défis industriels ?

Clairement, la priorité est de livrer les satellites liés aux contrats que nous avons remportés. Nous menons de front quatre projets, ce qui est une première pour l'entreprise. Au total, nous devrons fournir une vingtaine de satellites d'ici à 2014. Nous pourrons nous appuyer sur notre expertise acquise lors de la production en petite série de cinq satellites d'observation pour l'armée allemande. Nous les avons livrés en respectant les coûts et les délais. De plus, nous investissons dans de nouvelles capacités industrielles sur le site de Brême, spécialisé dans l'assemblage des satellites, et sur celui de Munich, qui fabrique les charges utiles optiques. Cela représente un investissement cumulé de 15 millions d'euros. Enfin, nous recrutons massivement : 200 ingénieurs sont venus renforcer la division satellite du groupe en Allemagne l'an dernier, ce qui porte à plus de 900 personnes nos effectifs dans ce domaine.

En grandissant, OHB peut-il encore conserver son agilité ?

Notre but n'est pas de devenir une multinationale du secteur spatial comme peuvent l'être nos principaux concurrents Astrium ou Thales Alenia Space. Nous n'avons pas l'ambition de devenir maître d'oeuvre de programmes comme la station spatiale ou Ariane [rires]. Notre taille, aujourd'hui, nous satisfait. Elle nous permet de répondre à de nombreux projets tout en conservant une forte réactivité et en proposant des offres commerciales très attractives. Le marché spatial n'est pas similaire à celui de l'aéronautique, où les avionneurs produisent plusieurs centaines d'avions par an. Nous restons sur des quantités et une industrialisation limitées. D'où notre volonté d'afficher notre ancrage allemand. La priorité est donnée au marché des satellites institutionnels. Sur le segment commercial, nous souhaitons nous limiter à l'Europe. Cette stratégie est confortée par la politique de notre gouvernement qui investit de manière régulière et croissante dans les applications spatiales.

Quels sont vos objectifs de croissance ?

Avec la croissance des secteurs spatial et aéronautique, et en augmentant notre part de marché, nous pensons atteindre 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires d'ici à la fin de la décennie, contre environ 600 millions prévus cette année. En 2010, notre carnet de commandes a dépassé pour la première fois la barre du milliard d'euros. En intégrant le contrat Météosat, il dépassera les 2 milliards d'euros.

Si EADS remettait en vente ses activités d'aérostructures en Allemagne, la filiale Premium Aerotec, seriez-vous à nouveau candidat à leur reprise comme en 2007 ?

Non. Ce type d'opération n'est plus à l'ordre du jour. La priorité, aujourd'hui, est de livrer les satellites en commande, pas de faire de nouveaux deals.

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