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Notre industrie plombée par l'euro fort

Par Morgane Remy - Publié le
Euros - Pièces et billets
© donaldtownsend - Flickr - C.C.

L’industrie européenne est pénalisée par un euro trop élevé par rapport aux autres monnaies de référence. Si ce constat n'est pas vraiment nouveau, la dernière étude Coe-Rexecode souligne en particulier les effets sur la compétitivité et les prix.

"Malgré la crise de la dette en Europe, l’euro reste fort par rapport au dollar et encore plus face au yuan. Cela joue contre nos exportations", ammorce Alain Henriot, directeur délégué de Coe-Rexecode commentant l'indice sur les performances et la compétitivité à l'exportation. Quand le taux de change augmente, les prix des biens exportés croissent d’autant.

En 2009-2010, avec la faillite de Lehman Brothers, le dollar est devenu une valeur refuge, expliquant une baisse de la compétitivité-prix des Etats-Unis. La guerre des taux de change faisait rage avec pour enjeu la reprise économique. Néanmoins, si on observe la tendance sur 20 ans, ce qui reste le plus flagrant reste l’émergence de la Chine et de la Corée du Sud. "Depuis 2005, l’appréciation de l’euro joue en la défaveur" de la zone de monnaie commune et "l’Europe est vraiment plus pénalisée que les autres continents dans sa compétitivité prix", insite Alain Henriot.

 

Ces dernier mois, "malgré les crises des dettes, l’évolution de des performances à l’exportation est assez stable depuis 2008". Depuis un an, d’août 2010 à août 2011, les performances sont plutôt stables à l’exportation. Le décrochage en février de la Chine et, dans une moindre mesure, de la Corée du Sud est plus lié aux festivités du Nouvel an Chinois qu’à une réalité économique.

 

"Aujourd’hui, le gâteau du commerce est plus grand mais les parts sont plus petites", résume Alain Henriot. Les pays de la première révolution industrielle voient désormais leur part à l'export diminuer. Si on regarde au sein de la zone euro ces vingt dernières années, on se rend bien compte  que l’Allemagne s’en sort bien mieux que la France et l’Italie. Ce qui n’était pas le cas jusqu’en 2005, absorbant le choc de la réunification. Mais ce fut pour l’industrie de notre voisin germanique, un mal pour un bien : la rénovation du tissu de production allemand après la réunification à partir de 1990 a permis de monter une véritable stratégie.

 

"C'est quand même incroyable! L'euro augmente, les prix aussi mais la performance de l'Allemagne continue à croître", s'étonne Alain Henriot. Pourtant il ne s'agit rien de moins qu'un double mouvement : une qualité qui permet de justifier le prix mais aussi des coûts du travail plus faibles permet d'exporter malgré une monnaie forte. En contrepartie, l'Allemagne a comprimé sa demande intérieure et est plus sensible aux infections conjoncturelles.

 

En France "pour le quatrième trimestre 2011, les perspectives d'évolution de la demande globale et étrangère se dégradent nettement" et se situent désormais en dessous de leurs moyennes de long terme, a indiqué mercredi 26 octobre, l'Insee. Côté compétitivité, les industriels intérrogés par l'Institut estiment qu’au troisième trimestre 201 la compétitivité des industries françaises s’est sensiblement dégradée sur le marché européen. À l’inverse, ils jugent que la compétitivité des industries françaises a progressé sur le marché mondial.

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