Nokia Siemens Networks sabre sa téléphonie fixe et 17000 postes
Par Emmanuelle Delsol - Publié le
Acculé sur un marché tendu et concurrentiel, Nokia Siemens Networks coupe sa branche fixe. L'équipementier va se concentrer sur les infrastructures mobiles. Résultat : 17 000 postes supprimés dans le monde.
Cette grosse coupe dans les effectifs interviendra d'ici à fin 2013 et représente près d'un quart de ses effectifs. La filiale conjointe du Finlandais Nokia et de l'Allemand Siemens ne souhaite pas commenter la répartition de ces suppressions d'emplois. Mais elle annonce néanmoins vouloir se concentrer sur l'infrastructure et les services mobiles et par voie de conséquence abandonner le fixe.
L'industriel est en difficulté depuis de longs mois. Au troisième trimestre, son bénéfice a péniblement dépassé 6 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 3,41 milliards d'euros. Nokia Siemens Networks n'a pas su se positionner face à deux difficultés désormais bien identifiées sur le marché des fournisseurs d'infrastructure télécoms.
D'une part, les opérateurs télécoms, principaux clients des équipementiers, vont mal eux-aussi. Luttant à la fois contre les acteurs du monde Internet et les réglementations, ils peinent à retrouver un modèle économique rentable.
La terrible concurrence chinoise
D'autre part, les équipementiers Chinois écrasent tout sur leur passage. A commencer par Huawei. Devenu numéro deux du marché l'an dernier devant Nokia Siemens Networks et derrière le Suédois Ericsson, il pourrait bien monter sur la première marche du podium d'ici quelques mois.
Bien installé dans les infrastructures fixes, Huawei se taille surtout une part importante des déploiements mobiles dans le monde depuis que ceux-ci se font en 4G. Et derrière Huawei, un autre chinois se tient en embuscade. ZTE gravit lui-aussi petit à petit les échelons (il était déjà 5eme au premier trimestre selon le Gartner).
Face à ces féroces adversaires asiatiques et à un Ericsson qui tient à sa couronne, Nokia Siemens Networks va devoir accompagner son choix de se concentrer sur l'infrastructure mobile avec une stratégie claire et agressive. Selon certains observateurs, l'annonce de l'équipementier ressemblerait davantage à une préparation pour une mise en vente qu'à une véritable stratégie.
Des rumeurs ont d'ailleurs déjà prêté à Nokia et Siemens des velléités de se séparer de leur joint-venture. Mais la mariée sera-t-elle suffisamment belle pour séduire un autre industriel ? Pourquoi pas un Chinois...
Sans nul doute, on va davantage parler des coupes chez Nokia Siemens Networks cette semaine que de la rumeur qui concerne sa démission. Il y a quelques jours, c'est l'équipementier franco-américain qui faisait les gros titres. Un de ses actionnaires resté anonyme, aurait déclaré au quotidien américain Wall Street Journal, avoir demandé le départ de Ben Verwaayen. L'industriel n'a pas souhaité commenter la rumeur, et seul le président de son conseil d'administration s'est exprimé pour réaffirmer sa confiance dans le patron de l'entreprise. Comme son concurrent germano-finlandais, Alcatel-Lucent subit la pression chinoise, et les difficultés de ses clients. La décision prise aujourd'hui par Nokia Siemens Networks démontre, s'il fallait encore le faire, la difficulté de se maintenir sur ce marché.

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