Nicole Bricq : "Je suis fana de la mécanique"

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Nicole Bricq
© SINDEU Sébastien - L'Usine Nouvelle

La ministre du Commerce extérieur, Nicole Bricq, a plaidé pour une meilleure connaissance de la filière mécanique à  l’occasion de la signature d’une convention de partenariat entre la Fédération des industries mécaniques (FIM) et Ubifrance.

La Fédération des industries mécaniques (FIM) et Ubifrance renforcent leur partenariat avec emphase. Mardi 16 octobre, Jérôme Frantz, président de la FIM, et Christophe Lecourtier, directeur général d’Ubifrance, ont signé une convention sous les yeux de Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur.

L’objectif est de renforcer la présence des entreprises de la filière mécanique sur les marchés étrangers. Avec, comme actions concrètes, une participation accrue aux salons internationaux, la mise en relation avec des acheteurs, l’organisation de missions dans des pays porteurs et l’utilisation des volontaires internationaux en entreprises (VIE), éventuellement à temps partagé entre plusieurs entreprises.

Jérôme Frantz a profité de la présence de la ministre pour rappeler le poids de la mécanique dans l’économie, avec un chiffre d’affaires d’environ 110 milliards d’euros, en progression de 8,3 % en 2011 par rapport à 2010. Le secteur est surtout fortement exportateur, avec 45 % de son chiffre d’affaires réalisé à l’export en direct, et plus de 60 % en indirect, via les donneurs d’ordres.

"Il faut structurer la filière et adapter l’offre des PME et des ETI", a-t-il insisté. Dans l’aéronautique et l’énergie, les donneurs d’ordres jouent le jeu et ont compris l’importance de pérenniser les sous-traitants pour qu’ils soient capables de les accompagner à l’export. Mais on ne peut pas en dire autant dans l’automobile. "Nous devons trouver notre propre système pour agréger nos compétences, sans attendre les grands donneurs d’ordres", a avancé Jérôme Frantz.

La formation en alternance ouverte aux étrangers ?

Nicole Bricq a quant à elle insisté sur l’importance de l’innovation et "du lien consubstantiel entre innovation et exportation". La ministre n’a pas hésité à lancer un "je suis une fana de la mécanique, car elle est partout. On ne le sait pas assez. Il faut le dire et le redire".

Elle a également rappelé que, si elle s’employait à favoriser la réalisation de gros contrats dans l’énergie ou l’aéronautique, "ces contrats pèsent environ 30 milliards d’euros, contre 400 milliards pour le commerce général, placé dans une sorte de fourre-tout, avec une nomenclature qui date, dans laquelle il existe des trous". Si la ministre a fait sentir sa volonté de rénover cette nomenclature, elle ne s’est pas plus avancée. Le chantier n’est certainement pas simple…

Laurent Bataille, PDG de Poclain Hydraulics, a enfin lancé une idée pour aider à la diffusion du savoir-faire français à l’étranger. "Ce qui bride le développement de nos entreprises à l’étranger, ce sont les ressources humaines. L’aide d’Ubifrance est importante pour détecter nos futurs collaborateurs, comme le recours aux VIE. Mais je voudrais pouvoir proposer une formation en alternance à des étudiants étrangers. Ils pourraient, à l’issue de leur formation, rester dans l’entreprise pour l’aider à se développer dans leur pays d’origine. Et ceux qui quitteront l’entreprise seront, à terme, les ambassadeurs de l’industrie française".

Nicole Bricq a bien entendu la proposition. Mais, après la partie formelle et un verre d’eau minérale à la main, elle a souligné qu’"il y avait au moins quatre ministres concernés pour un tel projet…" Ne pourrait-elle pas convaincre ses homologues pour concrétiser une telle idée, a priori pas si compliquée à mettre en œuvre ?

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