Nicolas Sarkozy veut imiter le "modèle allemand"

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Nicolas Sarkozy - Octobre 2011
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Lors de son intervention télévisée jeudi 27 octobre au soir, sur TF1 et France 2, le président de la République a révisé à 1 % la prévision de croissance et confirme "6 à 8 milliards d’euros" d’économies supplémentaires. Pour renforcer la croissance, Nicolas Sarkozy veut accélérer la convergence avec l’Allemagne.

"S’il n’y avait pas eu d’accord hier soir, ce n’est pas seulement l’Europe qui sombrait, c’est le monde entier", a assuré Nicolas Sarkozy, dès les premières minutes de son entretien avec les deux journalistes Jean-Pierre Pernault et Yves Calvi. Au lendemain du sommet européen,  le président de la république s’est bien sûr félicité de la réussite du plan de sauvetage de la Grèce. Cependant, "toujours inquiet" sur la situation, le chef de l’Etat a aussi rappelé que le "problème n’était pas les agences de notation mais que nous dépensons trop".

Alors que Moody’s menace de placer le Aaa de la France sous surveillance négative, le président de la République a rappelé qu’aucun budget n’avait été présenté à l’équilibre depuis 1974. Il a aussi égratigné au passage les socialistes responsables à ses yeux d’avoir aggravé la situation française avec le passage à la retraite à 60 ans en 1983 et la réforme des 35 heures en 2001.

"Les salaires ont baissé en Espagne, les salaires et les retraites ont baissé au Portugal, un pays sérieux et qui travaille. Si nous avons été épargnés, c’est que nous avons fait la réforme des retraites", assure-t-il. "En France, nous n’avons pas voulu voir la réalité en face",  souligne le chef de l’Etat qui estime qu’il "faut faire son devoir" et  "prendre des mesures courageuses".

Car la crise reste  loin d’être terminée. Sur la croissance, Nicolas Sarkozy a confirmé que la prévision de croissance du gouvernement  de 1,75 % pour l’an prochain était trop élevée. Pour 2012, Nicolas Sarkozy table sur une prévision de 1 % de hausse du PIB. "Il faut adapter le budget à cette nouvelle réalité", a précisé le chef de l’Etat. D’ici à une dizaine de jours, après le G20 de Cannes, Bercy devrait donc présenter un plan d’économie entre  "6 et 8 milliards d’euros".

Pour trouver ces économies, le président entend  "ne pas multiplier les mesures car cela fait perdre en visibilité" et "privilégier celles qui renforcent notre compétitivité". Mais il écarte cependant une hausse généralisée du taux moyen de TVA, qui "pénaliserait le pouvoir d’achat des Français".

Réflêchir sur des bases franco-allemandes

Côté fiscalité, Nicolas Sarkozy envisage aussi de faire participer les importations au financement de la protection sociale. "C’est un débat qu’il faudra avoir", affirme-t-il.

Pour l’avenir, c’est du côté de l’Allemagne que le président de la République voit la solution.  Il prône une convergence renforcée  avec l’Allemagne, "un système qui marche".

"La logique de la monnaie unique, c’est l’intégration économique et la convergence", souligne-t-il, en précisant que les ministres de l’économie français et allemand doivent travailler à la mise en place d’un impôt sur les sociétés avec une même assiette et un même taux des deux côtés de la frontière.

"Nous devons arrêter de réfléchir à la fiscalité sur des bases nationales mais nous devons réfléchir sur des bases franco-allemandes", poursuit-il, en envisageant un taux de TVA harmonisé, des hypothèses de budget commune et une fiscalité du patrimoine similaire entre Paris et Berlin.

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