Nicolas Sarkozy fait le pari d’accélérer le Grand Paris
Par Yann Le Houelleur - Publié le
A l’Elysée, le 9 juin, a eu lieu un déjeuner en présence des élus de la Région Ile de France. Le chef de l’Etat tient beaucoup à ce que se dessinent vite les contours du «projet locomotive» du Grand Paris: un super métro qui - entre autres objectifs - reliera neuf pôles de compétitivité.
Le projet du Grand Paris, concernant les douze millions de Franciliens, est plus que jamais sur les rails. Et le président Nicolas Sarkozy voudrait en accélérer la vitesse, après qu’un projet de loi ait été adopté (fin mai). Au palais de l’Elysée, le 9 juin 2010, le chef de l’Etat a reçu les élus des collectivités locales concernées, aux côtés de Christian Blanc (ex-président d’Air France), le secrétaire d’Etat en charge de ce dossier. Invité vedette de ce déjeuner: Jean-Paul Huchon, président de la Région Ile-de-France, qui était en froid avec le pouvoir central. «Nicolas Sarkozy a tiré les leçons des récentes élections et il veut témoigner un partenariat constant avec les élus», s’est exclamé Jean-Paul Huchon.
130 kilomètres de voie
Lors du déjeuner offert par le locataire de l’Elysée, il a beaucoup été question de l’épine dorsale du Grand Paris: la rocade ferroviaire appelée à décrire une boucle autour de la capitale. Ce super métro automatisé demeure une priorité absolue pour Nicolas Sarkozy, à la veille de la concertation nationale sur le Grand Paris qui débutera à l’automne prochain.
Les 130 km de voies prévus ont pour dessein de désenclaver certains territoires, permettre aux habitants de se rendre d’un département à un autre sans avoir à passer par le centre de Paris. Une trentaine de gares sont envisagées, et trois millions de passagers pourraient s’y déverser chaque jour. Le super métro doit aussi, et surtout, relier les neuf pôles de compétitivité disséminés dans toute la Région.
Trois de ces pôles sont considérés comme «mondiaux»: Finance Innovation; Medicen Paris Region; System@tic Paris Région.
Deux autres pôles ont une «vocation mondiale»: Cap Digital Paris Région et Mov’éo.
La vocation des quatre restants est nationale: ASTech; Advancity; Cosmetic Valley et Elastopôle.
Un tiers du PIB national
A l’occasion de ce déjeuner élyséen, Christian Blanc a évoqué à nouveau le potentiel de création de 800.000 emplois que devraient susciter le super métro et le «dépoussiérage» concomitant des transports en banlieue. Ce projet, encore à l’état d’esquisse, ne devrait se concrétiser qu’aux alentours de 2025.
L’Ile de France s’essouffle et elle a besoin de redevenir la locomotive de l’Hexagone. Elle héberge un quart des PME tricolores, accueille 40 % des chercheurs français. La Région sécrète un tiers du PIB national.
Mais dans l’esprit de Nicolas Sarkozy et de ses proches collaborateurs, la première région française n’est pas en mesure de concurrencer les autres grandes métropoles qui émergent, tels des points névralgiques sur la carte de la mondialisation économique, technologique et même culturelle.

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