Nicolas Sarkozy défend le "produire en France"
Par Solène Davesne - Publié le
Une fine couche de neige recouvre les sommets qui dominent le site Rossignol à Sallanches (Haute-Savoie). "La saison de ski démarre bien", se félicite Nicolas Sarkozy, en visite dans les ateliers du fabricant de ski des marques Rossignol et Dynastar. A Sallanches, le chef de l’Etat est venu vanter la réussite de la relocalisation.
Depuis un an et demi, le fabricant de ski a rapatrié de Taïwan la production de 60 000 paires de ski junior. "Il s’est passé ici quelque chose qui ne doit pas être exceptionnel", sourit Nicolas Sarkozy, face aux ouvriers réunis dans l’atelier. Une réussite Rossignol ? "On est en train de rapatrier de nouveaux moules de skis qui étaient encore fait à Taïwan. Ca fait deux-trois ans que l’ambiance a changé. On va vers plus d’excellence, ça remotive", souligne Didier, un technicien qualité depuis 11 ans dans l’entreprise.
Rossignol n’a pas encore fait beaucoup d’émules. Et les cas de relocalisation sont encore rares. Mais pour encourager la production en France, Nicolas Sarkozy entend "favoriser le produire en France", plutôt que le "acheter français". Si le pays doit "rester une terre de production", pas question de faire du protectionnisme même déguisé. "Si chaque pays achète les produits de son pays, à qui allez-vous vendre alors que Rossignol exporte 75 % de ses produits ?", lance-t-il aux ouvriers du fabricant de ski, avant de souligner que "Rossignol appartient à des fonds australiens et américains, mais ce qui est important c’est que c’est produit en France". "Je préfère acheter une voiture de marque étrangère produite en France plutôt qu’une voiture de marque française faite ailleurs", répète-t-il pour enfoncer le clou.
Label "Origine France Garantie"
Comment encourager les entreprises à produire local ? Alors que tous les candidats se sont emparés du thème du "made in France", Nicolas Sarkozy compte sur son bilan. "Sans crédit d’impôt recherche, Rossignol n’aurait pas relocalisé la production de ski junior depuis Taïwan", assure-t-il. Nicolas Sarkozy est aussi venu valoriser le label "origine France garantie". Certifié par Bureau Veritas, le label peut être apposé sur les produits dont la valeur ajoutée est à plus de 50 % réalisée en France. "Il est important de se battre pour que la production puisse rester en France et que les consommateurs en soient informés", assure le chef de l’Etat lors d’une table ronde avec les principaux industriels de la région dans la salle des fêtes de Sallanches.
Suffisant ? Philippe Gallay, le directeur général de TSL, un fabricant de raquettes à neige 100 % française, interpelle le président lors du débat : "Il faut débourser 5 000 euros par an pour profiter de ce label. C’est quand même cher et les critères sont peu ambitieux. En Suisse, pour obtenir le made, il faut 60 % de valeur ajoutée voire 80 % pour l’horlogerie mécanique". Le président avance : "Je suis prêt à évoluer sur la part de valeur ajoutée. Que ce soit 50 % ou 75 %, cela peut changer". Une reconnaissance de l’origine contrôlée pour les produits industriels, comme pour les produits agricoles, est aussi à l’étude.
Lors de la table ronde, le président a aussi abordé un autre thème clef de la future campagne présidentielle : celui du financement de la protection sociale. "Il n’est pas normal que nos importations ne contribuent pas au financement de notre modèle social", a réaffirmé Nicolas Sarkozy, qui annonce des propositions "assez rapidement" sur la question. Le président de la République "n’aime pas l’expression de TVA sociale". "Cela consiste à ne pas partir de la cause mais de la conséquence. Or le but n’est pas de faire plus de TVA mais que créer plus d’emplois coûte moins cher", assure le chef de l’Etat plus incisif.
Même s’il n’est pas encore en campagne officiellement, ce déplacement a aussi permis au chef de l’Etat de renouer avec les usines, qui lui avaient porté chance en 2007. En quittant , celle de Rossignol, le président du groupe lui a remis une paire de ski. "Je me souviendrai des visages et des gestes derrière un ski comme cela", complimente-t-il, après une pique à ses adversaires soupçonnés de "dire des choses fausses". La campagne est déjà bien lancée.
Solène Davesne, à Sallanches
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