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Nicolas Sarkozy au Havre, sur fond de réforme portuaire

Par Olivier Cognasse - Publié le
Havre - Le port
© Mairie du Havre

Après les Ardennes mardi, le président de la République se déplace ce matin pour une visite sur les quais du Havre, en Haute-Normandie. La politique maritime de la France sera à l'ordre du jour. L'accord interprofessionnel signé le 15 avril pour la relance du trafic portuaire sera aussi dans tous les esprits.

Après bien des atermoiements, la réforme portuaire présentée comme la dernière chance des ports français va entrer en application le 15 juin au plus tard. Mais le gouvernement n'a pas de quoi pavoiser.

Il aura fallu trois ans pour faire appliquer cette réforme votée en 2008. Sa finalité était et est toujours de relancer les ports. Mais en trois ans d'atermoiements et de luttes entre les représentants de l'Etat, du patronat et du syndicat hégémonique (la CGT), les sites portuaires français sont loin d'avoir profité d'un secteur porté par la mondialisation des échanges, notamment avec l'Asie.

Au contraire, ils ont reculé dans la hiérarchie européenne. Certains armateurs ont abandonné les terminaux français, essentiellement phocéens en raison des grèves à répétition. Ils ont choisi les grands ports du Nord (Anvers, Rotterdam,…) et de la Méditerranée (Gènes, Barcelone, Valence,…).

Marseille, premier port français, a reculé au cinquième rang européen l'an dernier en se faisant doubler par Amsterdam. Dans les années 80, il était le deuxième port continental…

Aujourd'hui, tous les professionnels du secteur sont d'accord pour dire que le port provençal mettra au moins deux années pour se remettre des trois années de conflits. Le Havre avait mis sept ans après les grèves de 1992-93…

Les obstacles se sont multipliés comme le problème de la pénibilité sur lequel un accord de principe semblait en bonne voie avant d'être parasité par la réforme des retraites.

hausse des investissements

Deux accords conventionnels sur les conditions de départ anticipé ont été signés par le patronat (Unim et Upf) et la FNDP CGT le 15 avril dernier. Le syndicat de la porte de Montreuil se félicite même qu'ils soient "très proches de l'accord conclu en octobre 2010, voire améliorés sur certains aspects".

Le premier accord appelé "pénibilité" prévoit deux ans d'anticipation de départ sur l'âge légal de la retraite pour une activité de quinze ans. Le second, appelé cessation anticipée d'activité, s'additionne au premier pour atteindre trois ans d'anticipation sur l'âge légal de départ à la retraite, pour 18 ans d'ancienneté.

La réforme portuaire a changé le mode de gouvernance et elle a revu à la hausse les investissements pour développer les activités portuaires et les dessertes. Les personnels de manutention « verticale » (grutiers ou portiqueurs), les ouvriers de maintenance et les opérateurs pétrole seront prochainement transférés dans des entreprises privées, soit 10 000 personnes.  Ils rejoindront les dockers (manutention « horizontale ») qui ont abandonné le public depuis 1992.

Certains ports prennent les devants. Sans parler de Dunkerque, dont une partie est déjà associée au secteur privé depuis des années, Le Havre assure être prêt pour le 3 mai. En bon élève, il recevra donc la visite du président… pour la réforme de la dernière chance !

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