New Fabris : Christian Estrosi revoit sa copie, fin du conflit
Par Barbara Leblanc - Publié le
© AFP-PHOTO BORIS HORVAT
L’ultimatum des salariés du fabricant de pièces mécaniques automobiles New Fabris à Châtellerault expirait aujourd’hui. Les salariés ont levé le mouvement suite à une nouvelle offre de Christian Estrosi.
(Mis à jour à 14h)
Avant la tenue de l’assemblée générale des salariés prévue vendredi 31 juillet, le ministre de l’Industrie, Christian Estrosi, a demandé au sous-préfet de Châtellerault de proposer aux salariés un protocole de sortie de crise, comprenant une nouvelle aide de 12 000 euros nets versée aux 366 salariés de l’entreprise. Cette offre remet en cause sa première proposition de 11 000 euros brut présentée la semaine dernière.
Fin du conflit
« La somme de 12 000 euros viendrait s’ajouter à l’indemnisation légale de licenciement comprise entre 17 500 et 19 000 euros par salarié, selon l’ancienneté », selon le ministre. Le protocole comprend en outre la possibilité pour chaque salarié d’adhérer au contrat de transition professionnelle, permettant de conserver 95% du salaire actuel durant 12 mois, une allocation spéciale du fonds national de l’emploi versée à six ouvriers de plus de 57 ans et un fonds de revitalisation du bassin d’emploi de Châtellerault de 1,5 million d’euros. En contrepartie, les salariés s'engagent à " cesser toute occupation de l'entreprise et à en rendre la totale jouissance au liquidateur judiciaire".
Les salariés de New Fabris ont commencé à menacer de faire exploser l’usine de Châtellerault le 13 juillet dernier, réclamant à leurs deux donneurs d’ordre, Renault et PSA Peugeot Citroën, responsables de la fermeture de leur site une indemnité de 30 000 euros. Le suspens a pris fin à l’issue de l’assemblée générale des salariés vendredi 31 juillet, au cours de laquelle les salariés ont levé le mouvement à 204 voix pour et 24 contre. "C'est le dialogue social qui a gagné. Les représentants des salariés et moi avons mené le même combat : offrir à chacun des salariés confrontés avec leur famille à cette situation difficile, les moyens d'assurer au mieux leur avenir et de retrouver leur dignité par l'emploi", a commenté le ministre.
« Toujours minable »
Et ce même si les salariés considèrent l’offre « toujours aussi minable. On est très loin des 30 000 euros qu’on souhaitait », selon Guy Eyermann, délégué CGT et secrétaire du comité d’entreprise.
Si les salariés n’ont pas réinstallé de bouteilles de gaz devant l’usine jeudi 30 juillet, une décision saluée par le ministre, ils ne cachent pas vendredi 31 juillet leur déception. « Je suis déçu, peut-être que financièrement on n’a pas eu ce qu’on souhaitait mais on s’est battu jusqu’au bout, c’est ça notre fierté », expliquait Guy Eyermann. Reste que le ministre a précisé avoir obtenu le maximum d’avancées dans le contexte d’une liquidation judiciaire avec cessation d’activité.
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