Nestlé réfléchit à monter dans le capital de L’Oréal
Le 30 août 2010 par Adrien Cahuzac
Pour la première fois depuis le début de l’affaire Bettencourt, le géant suisse de l’agroalimentaire reconnaît, aujourd’hui, étudier un possible rachat des actions de Liliane Bettencourt dans le géant français des cosmétiques…
Nouvel épisode dans la saga L’Oréal-Bettencourt. Le groupe Nestlé se montrerait intéressé par un rachat des parts détenues par Liliane Bettencourt dans le numéro un mondial des cosmétiques. "Si la famille décide de vendre, ce serait une décision de Liliane Bettencourt. Nous devrions alors étudier cette opportunité", a lancé le 26 août Peter Brabeck, le président du géant suisse de l’agroalimentaire. Son groupe est actuellement le second actionnaire de L’Oréal avec 29,8 % du capital tout juste derrière la famille Bettencourt avec 31 %. Cette déclaration fait suite à une décision récente du conseil d’administration de Nestlé confiant un mandat à Peter Brabeck pour "réfléchir aux formes que pourrait prendre le développement à long terme de la participation de son groupe dans L'Oréal".
Ces prises de position de Nestlé relancent les spéculations sur l'avenir de la participation du groupe dans le fleuron industriel français, affaibli par l'affaire Liliane Bettencourt et les interrogations sur son état de santé.
Sauf si l’héritière de L’Oréal décidait de vendre ses actions, ce qu’elle a pour l’instant toujours refusé, Nestlé, ou un autre intéressé, aurait peu de chance aujourd’hui de racheter des parts du groupe de cosmétiques. Le géant suisse et la famille Bettencourt sont liés par un pacte d’actionnaires jusqu’en 2014, qui stipule que Nestlé ne peut monter au capital du vivant de Liliane Bettencourt et ce, jusqu’à six mois après son décès. Par ailleurs, en cas de vente des actions de l’une des deux parties, chacun a l’obligation de proposer d’abord ses parts à l’autre.
Réagissant aux déclarations de Peter Brabeck, le directeur général de L’Oréal, Jean-Paul Agon, a qualifié de "non-événement" les propos relayés dans la presse. "Il me paraît normal que le président d’une société qui détient 29,8 % du capital de L’Oréal réfléchisse à l’avenir de sa participation. Je n’y vois rien de spectaculaire, ni d’intriguant", a-t-il martelé lors de la présentation des résultats semestriels de son groupe le 26 août.

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