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Quotidien des Usines

Négociation emploi : si le Medef écoutait les DRH

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Lors d’une conférence de l’AJIS (Association des journalistes de l’information sociale)  ce mercredi 5 décembre, les DRH, d’Areva et d’Air France et l’ex DRH de Thales ont défendu un nouvel outil pour éviter les plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) dans les entreprises en difficultés. Une proposition qui n’est pour l’instant pas présente dans le document proposé par le patronat.

Négociation emploi : si le Medef écoutait les DRH © Luc Pérénom - L'Usine Nouvelle

Et si sur la négociation sociale entre patronat et syndicat initiée au début de l’automne 2012 et qui doit se terminer en janvier 2013, on écoutait les praticiens plutôt que de se crisper sur des positions idéologiques ? C’est l’avis de la branche française du cercle des DRH européens qui mettait ce matin sur la table une proposition par la voix d’Yves Barou, son président, Loïc Mahé DRH de Thales jusqu’en juillet dernier, Véronique Rouzeaud, DRH d’Areva, et Xavier Broseta, DRH d’Air France.  En gros, les DRH en ont marre d’être condamné à faire des accords de GPEC (gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences) quand tout va bien et des PSE quand tout va mal.

Un outil d'accompagnement pour éviter les PSE

Leur proposition vise à accompagner le changement d’emploi de salariés dont les entreprises affrontent une nouvelle réalité économique. "Il nous manque un outil juridique d’accompagnement des salariés pour éviter les PSE et  faire face aux des difficultés économiques réelles et structurelles des entreprise" affirme Yves Barou. Leur solution : la GAE (Gestion active de l’emploi). Il s’agirait d’un accord d’entreprise basé sur la négociation et le volontariat à mettre en œuvre dans une durée limitée d’environ un an pour proposer des solutions de reclassement fonctionnels et géographiques interne ou externe. "Il n’y a actuellement pas de place pour ces accords dans le droit social" estiment-ils.

Loïc Mahé affirme avoir signé plusieurs accords de ce type dans des sociétés du groupe Thales spécialisées dans les activités de défense aéronautique en perte de vitesse alors que l’avionique civile du groupe était au contraire en plein développement. Nous avons géré sans PSE environ 1 200 emplois supprimés dans ces sociétés en reclassant 900 personnes en interne et les autres en externes. "L’objectif, c’est de n’envoyer personne à Pôle emploi" explique l’ex DRH de Thales. Véronique Rouzeaud, nouvelle DRH d’Areva -  qui arrive en direct de Veolia environnement - affirme avoir également mis en œuvre des démarches de ce type dans des bassins d’emplois de son ancien employeur : "nous avons formé les personnes pour les passer sur de nouvelles filières."

Si la méthode a pu être mise en œuvre chez Thales ou Veolia pourquoi l’inscrire dans la loi ? Loïc Mahé trouve la réponse dans son expérience. "J’ai dû faire un gros travail de conviction envers les organisations syndicales  mais aussi batailler avec la délégation de l’emploi des sites concernés. Comme, il y avait effectivement un objectif de suppression de postes sur les sites, on me disait de faire un PSE. J’ai réussi à passer à travers les gouttes mais il y a une insécurité juridique sur ce type d’accord." Le principal atout de cette GAE, selon Yves Barou c’est le volontariat (pas question d’imposer une mutation fonctionnelle ou géographique avec licenciement à la clé) et le délai raccourci. "Dans un PSE, le temps perdu dans la procédure est autant que l’on ne passe pas à s’occuper de l’employabilité des personnes."

Un climat de confiance

Tous les DRH présents sont d’accord sur l’idée qu’il faut un climat de confiance pour négocier ce type d’accord avec les organisations syndicales. Car elles aussi peuvent se voir reprocher de ne pas négocier directement un PSE, avec son inévitable politique du chèque. Selon le cercle des DRH européens la mise  en œuvre d’accord de GAE ne convient pas à toutes les difficultés. "En cas de fermeture de site, il est illusoire de penser que l’on pourra échapper à un PSE" affirme Yves Barou. Mais selon lui, en favorisant des accords de GAE, on pourrait supprimer 50 % des PSE en France.

La proposition a-t-elle fait florès dans la négociation en cours ? Elle n’est en tous cas pas reprise dans le document en discussion. Mais Yves Barou, polytechnicien, ancien de Bercy, ex-membre du cabinet de Martine Aubry,  actuel président de l’AFPA et conseiller social du FSI compte sur ses entrées rue de Grenelle  pour pousser sa proposition auprès des pouvoirs publics quel que soit l’issue de la négociation.

 

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