Navecomat, des bateaux en fibres de lin
Par STANISLAS DU GUERNY - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3178Huit bateaux de plaisance sur dix sont fabriqués en matériaux composites, ce qui n'est pas sans poser un problème pour leur fin de vie. Les déchets sont difficiles à éliminer car ils génèrent des composés organiques volatils dangereux pour la santé. Le projet Navecomat, porté par l'entreprise Plasmor (25 salariés) basée à Theix (Morbihan), qui fabrique des kayaks et autres bateaux de randonnée, consiste à utiliser les fibres de lin pour fabriquer les coques. Labellisé par le pôle de compétitivité Mer Bretagne basé à Brest, il réclame très peu d'énergie, contrairement à la fibre de verre, qui nécessite des températures élevées (1 000 °C). De plus, le composite à base de lin est totalement recyclable. Près de 2 millions d'euros sont nécessaires pour faire aboutir ce projet, « qui prendra encore plusieurs mois pour se concrétiser car nous devons maintenant régler le problème de la résine, qu'il va falloir aussi remplacer par des matériaux biologiques et recyclables », explique Dominique Bourçois, le dirigeant de Plasmor. La prochaine étape du projet, qui associe le laboratoire d'ingénierie des matériaux de Bretagne (université de Bretagne-Sud), le groupe Finot (architecture marine), la société Ahlstrom et l'association Reporter Bleu animée par Catherine Chabaud, consiste à créer un pilote industriel chez Plasmor, afin de fabriquer des pièces de 10 à 20 mètres de long. « Les groupes comme DCNS et STX s'intéressent à notre innovation, car nous ne nous limiterons pas au secteur de la plaisance », assure Christophe Baley, chercheur à l'université de Bretagne-Sud. Si le projet se concrétise, une nouvelle filière agricole se mettra en place, car la culture du lin a fortement diminué en France.











