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"Naturex a profité de l’engouement pour le naturel pendant la crise"

Par Barbara Leblanc - Publié le
Naturex
© Naturex

C’était un combat vieux de 14 ans. L’entreprise Naturex a réussi à convaincre Bruxelles de reconnaître le statut d’anti-oxydant alimentaire pour les extraits de romarin. Une mesure qui devrait permettre au spécialiste des ingrédients naturels d’origine végétale de doper les ventes sur ce marché. L’occasion aussi pour L'Usine Nouvelle de revenir avec le président de Naturex, Jacques Diskansky, sur l’entreprise et son combat.

L'Usine Nouvelle - Pouvez-vous nous présenter les activités de votre groupe ?
Jacques Diskansky - Notre métier tourne autour de la production d’ingrédients naturels d’origine végétale destinés à quatre grands secteurs, que sont l’agroalimentaire, la nutraceutique (compléments alimentaires), la pharmaceutique et plus partiellement les cosmétiques. Sachant que 60% de notre chiffre d’affaires est réalisé par l’activité agroalimentaire, puisque nous fournissons tous les géants du secteur et la plupart des PME. Notre travail est surtout technique, portant surtout sur l’extraction et le séchage des plantes.

Que représente pour vous la décision de Bruxelles de reconnaître les vertus anti-oxydantes des extraits de romarin ?
C’est une grande victoire pour notre groupe et nos deux partenaires dans ce combat, Raps et Robertet. Depuis 1996 et la remise en cause par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) des vertus anti oxydantes des extraits de romarin, nous avons été persévérants pour obtenir leur enregistrement au niveau européen  en tant qu’additifs aux vertus anti-oxydantes.

Fiche d’identité de Naturex

Numéro un mondial indépendant des ingrédients naturels de spécialité
CA : 101,9 millions d’euros en 2009 (210 à 220 millions d’euros prévus en 2010)
Budget R&D : environ 5 millions d’euros
900 personnes dans le monde
11 sites de production : Avignon, Maroc, Espagne, Italie, Suisse, Grande-Bretagne, Etats-Unis, Brésil et Australie
Ses concurrents : les divisions des grands groupes spécialisées dans nos domaines, comme chez Danisco pour les couleurs naturelles ou Plantex dans la nutraceutique


Mais que reprochait exactement la DGCCRF ?
Les extraits de romarin sont utilisés dans les produits alimentaires depuis plus de 60 ans pour empêcher qu’ils s’oxydent. Le problème, c’est que ces extraits sont aussi aromatisés et donc étiquetés en tant que tels. Or, nous travaillons depuis 20 ans pour enlever ces arômes et mettre fin aux odeurs ou couleurs des extraits. On veut éviter par exemple d’avoir une mayonnaise verte ou avec un fort goût de romarin. Pour nous, les extraits devaient donc être estampillés anti oxydants et non pas aromatiques. Ce que contestait la DGCCRF.

Qu’est ce que cette décision va changer pour vous ?

En faisant des extraits de romarin des additifs anti-oxydants, Bruxelles leur donne une reconnaissance juridique, qui est importante pour les grands groupes industriels agroalimentaires. Ces derniers avaient freiné leurs investissements dans ces extraits, en attendant d’en savoir davantage. Nous comptons donc sur une forte croissance de la demande. Ce qui contribuera à une progression du chiffre d’affaires de Naturex.

Justement, comment se porte votre entreprise ?
Nous espérons un chiffre d’affaires compris entre 210 et 220 millions d’euros pour l’année 2010. Déjà en 2009, nous avons retrouvé un rythme de croissance entre 10 et 15%, ce qui est traditionnel depuis notre création en 1992. Sauf durant la crise.

Avez-vous été très touché par la crise de 2008 ?
Non, pas spécialement. Notre croissance organique a été de 6% environ, ce qui est certes un ralentissement important, mais en tant de crise, cela est négligeable. Nous avons bien résisté, car nos clients, essentiellement des industriels de l’agroalimentaire et de la pharmacie, ont été peu affectés. Mais surtout la tendance des consommateurs d’aller vers le naturel, de s’éloigner de tout ce qui est artificiel s’est renforcée avec la crise. Ce qui nous a profité. Tout comme notre réseau commercial développé à l’international.

Vous avez récemment déclaré que Naturex entendait faire de nouvelles acquisitions, principalement en Amérique du Sud ou en Asie. Une nouvelle étape pour votre groupe essentiellement présent en Europe et aux Etats-Unis ?
Nous sommes intéressés par trois zones : l’Amérique du Sud, l’Asie et l’Europe de l’Est, surtout la Russie. Nous avons la volonté de nous renforcer là-bas et nous recherchons de nouvelles acquisitions à faire seuls dans ces régions. Nous allons là où il y a des marchés pour nos produits.

Par exemple, en Chine, où une partie de la population consomme de plus en plus de produits sophistiqués comme en Occident. C’est une bonne chose d’être présent un peu partout dans le monde, car lorsque cela ne va pas quelque part, ça va mieux ailleurs. Mais ce qui nous pousse à faire de nouvelles acquisitions surtout, c’est de suivre nos clients, qui commencent à se développer dans ces régions.

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