MoteursLA CYLINDRÉE S'ADAPTE À LA DEMANDEPour réduire la consommation et les émissions polluantes de ses poids lourds, pick-up et 4 x 4, General Motors développe un moteur dont la cylindrée s'adapte aux conditions d'utilisation du véhicule.
Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2795Moteurs
LA CYLINDRÉE S'ADAPTE À LA DEMANDE
Pour réduire la consommation et les émissions polluantes de ses poids lourds, pick-up et 4 x 4, General Motors développe un moteur dont la cylindrée s'adapte aux conditions d'utilisation du véhicule.
General Motors veut réconcilier ses camions, pick-up et autres 4 x 4 avec l'environnement. Le constructeur américain concocte un moteur V8 dont la cylindrée peut être réduite de moitié lorsque le conducteur n'a pas besoin de la puissance maximale du véhicule, en utilisation urbaine par exemple. Ces phases de fonctionnement entraînent une diminution de la consommation, synonyme de réduction des émissions de dioxyde de carbone. La neutralisation de quatre des huit cylindres est automatiquement gérée par les composants existant déjà dans la plupart des véhicules : un module de contrôle, piloté par un calculateur de 32 bits, qui centralise les informations fournies par le contrôle électronique de l'accélération (ETC) ; des capteurs qui mesurent en temps réel la position des soupapes ainsi que l'activité de chaque cylindre. La première spécificité du système est la mise au point d'un algorithme destiné à la gestion des processus de désactivation et de réactivation des cylindres. La seconde est l'élaboration d'un mécanisme de désactivation consistant à couper les liens mécaniques qui permettent à l'arbre à cames en rotation de commander l'ouverture et la fermeture des soupapes d'admission et d'échappement. General Motors a fait appel à Eaton pour concevoir un poussoir hydraulique chargé de remplir cette mission. Cette pièce a pour fonction ordinaire de supprimer les jeux entre la came, la tige de culbuteur et le culbuteur - qui entraîne la soupape. Le poussoir étudié par Eaton est capable, à la demande, de se rétracter sur lui-même, à l'instar d'un amortisseur qui absorbe les mouvements de la roue pour éviter de les transmettre au châssis. Le nouveau poussoir a été conçu pour qu'une partie puisse coulisser dans une autre. Lorsque la désactivation des cylindres est amorcée, le sys-tème hydraulique du véhicule est sollicité pour provoquer une pression sur une goupille du poussoir, qui, une fois déplacée, désolidarise les deux parties, qui coulissent alors l'une dans l'autre. Les soupapes restent ainsi en position fermée, interdisant l'alimentation du cylindre en air et en carburant. Au même moment, le calculateur neutralise les injecteurs des cylindres concernés. En phase de réactivation, le relâchement de la pression hydraulique permet à la goupille de reprendre sa place, et au poussoir de retrouver sa fonction initiale. Grâce à cette technique, General Motors annonce une réduction de consommation de 8 %, pouvant aller jusqu'à 25 % dans certaines conditions d'utilisation. Le constructeur américain reste cependant discret sur les coûts du système et sur les modifications qu'il apportera à ses lignes de production. Il répond simplement que " le coût et la complexité sont minimisés en modifiant les contrôles électroniques et mécaniques déjà existants ".
150 000 nouveaux moteurs prévus la première année
General Motors lancera la production de son nouveau moteur en 2004 et prévoit d'en produire plus de 150 000 la première année, pour atteindre près de 1,5 million en 2007. Il sera proposé en équipement standard et en option sur les poids lourds et les " sport utility vehicles " (4 x 4 de loisirs, pick-up) du groupe, sans que les modèles exacts aient encore été précisés. " Nous prévoyons de tirer les leçons de cette première application avant d'introduire cette technologie sur l'ensemble de nos familles de moteurs ", annonce Sam Winegarden, ingénieur en chef chez General Motors.











