Le patrimoine mondial, c'est aussi des usines... Le classement récent des anciennes mines du Nord - Pas-de-Calais par l'Unesco le prouve.
Les corons, cités ouvrières, carreaux et autres terrils sont désormais protégés et considérés comme un témoignage essentiel de l'ingéniosité des hommes. Ce n'est certes pas le premier paysage industriel qui se voit ainsi honoré et gratifié d'un titre qu'arborent le Taj Mahal ou le Mont-Saint-Michel. L'Allemagne et l'Angleterre ont déjà sanctuarisé leurs plus belles friches industrielles : les vestiges sidérurgiques de la Ruhr ou les usines de la vallée de la Derwent en Angleterre (d'incroyables bâtiments en forme de manoirs !).
En France, en revanche, on regarde encore avec méfiance cet héritage. Nous avons pourtant des merveilles industrielles. Le familistère de Guise, dans l'Aisne, est ainsi une fabuleuse illustration du paternalisme en cours au XIXe siècle. La Saline royale d'Arc-et-Senans dans le Doubs demeure un exemple unique de l'organisation industrielle sous Louis XV.
La chocolaterie Meunier, la soufflerie de l'Onera à Meudon, l'usine Dodane réalisée à Besançon par Auguste Perret... Tous sont de véritables monuments industriels français qui méritent d'être protégés. Pas seulement pour préserver un héritage, mais aussi pour des questions d'innovation ! N'est-ce pas sur des métiers jacquard réinventés que Safran tresse les ailettes de son nouveau moteur d'avion ?









