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MOLSHEIM SE DIVERSIFIE POUR LISSER LES CRISES

Par DE NOTRE CORRESPONDANT EN ALSACE, THOMAS CALINON - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3236
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Alain Ferry se sent mieux loti que certains de ses collègues en politique. « Ca fait dix-huit ans que je suis député, et on n'a jamais eu de grosses catastrophes », confie l'élu apparenté UMP. Un euphémisme. La zone d'emploi de Molsheim-Schirmeck, dont les contours épousent presque ceux de sa circonscription, affiche un taux de chômage de 5,6 %, loin derrière les 9,8 % de la métropole de Strasbourg pourtant si proche. Et si la région a accusé la crise - en 2008, Molsheim tutoyait les 4 % - elle repart vigoureusement. Les offres collectées par Pôle emploi ont bondi de 47 % en un an contre 17 % dans le reste de l'Alsace.

Des créneaux porteurs

L'industrie constitue son point fort, avec 51,4 % des emplois salariés. Des acteurs mondiaux y sont présents. À Obernai, Hager Electro emploie près de 1 800 salariés et Kronenbourg plus de 500. À Molsheim, Millipore (1 100 salariés) voisine avec Osram (750), Messier-Bugatti et Messier Services (un peu plus de 800 emplois à eux deux), ainsi que Mercedes-Benz (540). « La force de Molsheim, c'est sa diversification », note Marcel Schott, ex-PDG de Messier Services France et président de la Maison de l'emploi, de la formation et de l'entreprise (Mefe) de Molsheim. « L'électricité et l'électronique, l'agroalimentaire, le bois et la mécanique sont bien représentés », explique-t-il. La sous-traitance automobile est moins prégnante que dans d'autres zones d'emploi de la région. « Les entreprises sont sur des créneaux porteurs qui leur permettent d'assumer de forts coûts de production », se réjouit Laurent Furst, maire de Molsheim et conseiller général du Bas-Rhin.

« Derrière, un tissu dense de PME travaille avec les gros employeurs tout en développant ses propres produits », précise Marcel Schott. « Ces PME rayonnent sur 500 kilomètres, sur un marché franco-allemand dont les industries n'ont souvent pas leurs points forts et leurs points faibles au même moment », témoigne à Rosheim Jacques Kammerer, PDG de Laser Alsace Production, une société de 30 salariés spécialisée dans la découpe laser. Dans la vallée de la Bruche, qui s'étire entre les montagnes sur un axe sud-ouest, la présence industrielle est plus diffuse. Mais la route nationale y est doublée d'une voie ferrée qui met Schirmeck, le principal bourg, à quarante-cinq minutes de Strasbourg. Sur cette zone, on compte davantage d'actifs (54 054 en 2006) que d'emplois (43 952) : les infrastructures autorisent des migrations pendulaires vers Strasbourg et ses activités tertiaires.

« Nous avons notre talon d'Achille, indique Alain Ferry. Les centres de décision sont souvent éloignés et un petit village de la zone ne représente pas grand-chose sur une carte du monde... » L'industrie a perdu 10,5 % de ses salariés entre 2000 et 2009. « En 2010, Steelcase a fermé son site de Marlenheim », qui employait 202 salariés, rappelle André Thillard, de l'union locale CGT. Chez Osram, contraint d'abandonner la lampe à incandescence, l'emploi a été préservé jusqu'en 2014 au prix d'un gel des salaires et de l'allongement du temps de travail. Pour l'heure, l'industrie absorbe le choc. « Une centaine de postes sont à pourvoir dans les deux prochains mois », rappelle Sylvie Clauss, directrice de l'agence Pôle emploi de Molsheim. Et, avec leur bon niveau de formation, les habitants de la vallée sont plutôt bien placés.

LA VRAIE BONNE IDÉELE DIAGNOSTIC DE COMPÉTENCES TERRITORIAL

Pour anticiper les mutations, la Maison de l'emploi, de la formation et de l'entreprise de Molsheim (Mefe) a sollicité une centaine d'entreprises de plus de 20 salariés. La démarche vise à « identifier leurs besoins en compétences sur cinq ans et à sécuriser l'employabilité des actifs du secteur », résume le président de la Mefe, Marcel Schott. C'est la première fois qu'une telle gestion territoriale des emplois et des compétences est menée en Alsace. Cette démarche a déjà permis de cerner le besoin le plus transversal des entreprises : le management de premier niveau. Pour un ouvrier professionnel, devenir manager de ses collègues ne s'improvise pas.

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