Moins de 1,5 % des jeunes diplômés des grandes écoles créent ou reprennent une entreprise

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Etudiants
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Le nombre d’entreprises créées ou reprises par des jeunes diplômés de grandes écoles est en hausse de 35% en 2011 par rapport à 2010. Mais la moyenne de 6,4 créations par école est encore très basse.

Le mouvement est lancé, mais encore insuffisant. Dans l’enquête que la Conférence des grandes écoles (CGE) a menée auprès de ses écoles de management et d’ingénieurs *, 97% d’entre elles affirment enseigner l’entrepreneuriat.

Pionnières, les écoles de management se sont massivement lancées dans cet enseignement entre 1977 et 2006, celles d’ingénieurs un peu plus tard, entre 1993 et aujourd’hui. Les secteurs des télécoms et de l’informatique ont été les plus en pointe, tandis que beaucoup d’écoles d’ingénieurs viennent seulement de s’y mettre, dans les années 2009 à 2010, suite à un encouragement ministériel. De nouvelles venues qui ont encore beaucoup à apprendre, notamment de leurs aînées.

4 niveaux

L’enquête de la CGE identifie quatre niveaux d’implication des écoles, de la simple sensibilisation jusqu’à l’accompagnement des élèves dans la création ou la reprise (en incubateur par exemple), en passant par l’apprentissage de la réalisation d’un business plan ou d’une levée de fonds. En école d’ingénieurs, c’est surtout en année de spécialisation (équivalent d’un master 2) que l’entrepreneuriat est enseigné, sous la forme de découverte de ses outils, tandis qu’en école de management, l’accent est mis sur le comportement et l’envie d’entreprendre, tout au long des deux dernières années de formation (équivalent master 1 et master 2).

L’enquête en est à sa première édition, et manque d’indicateurs permettant de dire quel pourcentage d’écoles se sont engagées à chacun de ces niveaux. Mais pour Francis Bécard, directeur général du groupe ESC Troyes,  et auteur de l’étude pour la CGE, le principal point faible est à chercher du côté de l’accompagnement. Si la plupart des écoles sont aujourd’hui connectées à un incubateur, les places sont chères, et les projets ne peuvent pas s’y éterniser. "Il faut améliorer le transfert du projet incubé en grande école au monde économique, insiste Francis Bécard, mais est-ce de la responsabilité des grandes écoles ?".

Peu de retombées

Problème : ce mouvement général vers l’enseignement de l’entrepreneuriat a encore peu de retombées. Selon l’enquête, 1,43% des jeunes diplômés ont créé ou repris une entreprise. En moyenne, les promotions 2010-2011 ont créé ou repris 6,4 entreprises par école (1,7 dans les écoles d’ingénieurs, 14 dans les écoles de management). Une hausse de 35% par rapport à 2009-2010 (moyenne de 4,8), mais les chiffres restent bas.

Francis Bécard propose de poursuivre le mouvement en y associant les universités, celles de médecine ou pharmacie pouvant facilement s’associer avec des élèves ingénieurs ou managers pour lancer des projets innovants. Il aimerait aussi qu’on facilite le recours à des enseignants venus du monde de l‘entreprise. Et pour donner le goût d’entreprendre aux jeunes Français, il suggère de créer au lycée une filière "entrepreneurs études", sur le modèle de "sports études". Le management de projet, cela peut être tout simplement apprendre à organiser un tournoi de ping pong.

* Sur les 182 écoles membres de la CGE, 88 ont répondu (62 écoles d’ingénieurs et 26 de management).

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