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Mohamed ElBaradei croit encore en l’avenir du nucléaire

Par Barbara Leblanc - Publié le
M. ElBaradei - AIEA
© AIEA

A l’occasion d’une interview dans le journal Le Monde daté du 29 septembre, le Prix Nobel de la Paix en 2005, et surtout ancien directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de 1997 à 2009 revient sur l’actualité nucléaire mondiale. Et ce, six mois après la catastrophe de Fukushima.

Mohamed ElBaradei, de passage en France pour un colloque sur l’énergie organisée par KPMG, estime que le nucléaire a bel et bien encore un avenir dans le monde. Et ce, malgré la décision notamment de l’Allemagne de mettre un terme à cette source d’énergie. "On ne peut pas se passer du nucléaire. Il fournit déjà 14 % de l'électricité mondiale, précise-t-il. Et ce sera 24 % en 2050, selon l'Agence internationale de l'énergie".

Selon lui, la Chine et l’Inde ne devraient pas renoncer à leurs projets dans le domaine. Si bien que cette énergie ne devrait que peu faiblir dans le monde. "Soyons réalistes : pour les cinquante prochaines années, on aura besoin du nucléaire", précise-t-il

Plus de transparence

Malgré cet avenir, deux leçons doivent être tirées de la catastrophe japonaise survenue le 11 mars dernier, selon le Prix Nobel de la paix de 2005. "Il va falloir améliorer la sûreté pour les 430 réacteurs en exploitation dans le monde, car on était plus laxiste il y a trente ans, et accélérer l'introduction des nouvelles technologies, qui sont bien plus sûres", explique-t-il dans l’entretien.

Il réclame aussi une plus grande transparence de la part des opérateurs, gouvernements et de tous les acteurs du nucléaire. "Cette source d'énergie doit faire l'objet d'un débat public. Les gens ont le droit d'avoir des explications, même si cela perturbe l'approche élitiste de l'industrie nucléaire", assure-t-il.

Indépendance

Mohamed ElBaradei explique qu’en plus des standards proposés par l’AIEA, il y a nécessité à ajouter des standards nationaux complémentaires, avec notamment obligation d’audits dans les centrales. "Le temps des audits effectués par des experts internationaux indépendants est venu. Après Tchernobyl ou Fukushima, les pays ne peuvent plus se retrancher derrière l'argument selon lequel la sûreté relèverait de la souveraineté nationale, souligne-t-il. Il faut aller vers une mutualisation internationale des expertises".  A ce propos, il salue l’initiative du président de la République française, Nicolas Sarkozy, d’avoir proposé la mise en place d'une "force d'action rapide multinationale".

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