Mis en difficulté par l'iPhone et Android, Nokia se réorganise à nouveau
Par Christophe Dutheil - Publié le
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Les investisseurs sont inquiets. La direction de Nokia, premier fabricant mondial de téléphones mobiles, a mis le turbo pour les rassurer : elle vient d'annoncer une nouvelle restructuration de ses activités. Trois entités sont créées afin d'"accélérer l'innovation". Elles découlent de sa nouvelle stratégie logicielle, selon un analyste de l'Idate.
Apple rit, Nokia pleure... Le premier a publié fin avril des résultats trimestriels « records », marqués par une hausse de 131% de ses ventes d'iPhone sur un an (à 8,75 millions d'unités). Le second a moins de chance. Le lendemain de l'annonce d'Apple, il a revu à la baisse les prévisions de marge opérationnelle de sa branche « téléphones mobiles », en butte à une concurrence accrue sur les modèles « haut de gamme » et à une baisse des prix de vente moyens de tous les terminaux. Pas de quoi rassurer les actionnaires, qui surveillent de près le groupe finlandais depuis plusieurs mois et doutent de plus en plus de sa capacité à redresser la barre.
Mais la direction de Nokia (125.859 collaborateurs au 31 mars 2010) semble avoir compris le message. Quelques mois seulement après une restructuration d'envergure, qui a déjà entraîné plusieurs plans de réduction des effectifs, elle vient d'annoncer une nouvelle réorganisation censée l'aider à « renforcer sa compétitivité » et à « accélérer l'innovation ». Et ce, en simplifiant la structure du groupe.
Solutions mobiles
Dans le détail, les services et les équipements du nouveau Nokia seront réorganisés dès le 1er juillet 2010 dans trois nouvelles entités : 1. les solutions mobiles (une nouvelle branche qui gèrera les PC portables et les smartphones haut de gamme), 2. les téléphones mobiles (les modèles d'entrée de gamme de Nokia et ceux qui tournent sous Series 40, le système d'exploitation « historique » de Nokia) et 3. les marchés (les activités commerciales et marketing, ainsi que la gestion de la chaîne logistique et des approvisionnements).
Dirigée par Anssi Vanjoki, la nouvelle division « solutions mobiles » regroupera les téléphones intelligents utilisant Symbian, le système d'exploitation racheté par Nokia en 2008, et les terminaux tournant sous Meego, la nouvelle distribution Linux résultant du rapprochement de Maemo (la plate-forme ouverte de Nokia) et Moblin (celle d'Intel).
Renforcer les smartphones haut de gamme
Selon Basile Carle, consultant du cabinet français Idate, spécialisé dans les télécoms, l'arrivée de la division « solutions mobiles » est « la conséquence logique » de l'évolution de la stratégie de Nokia dans les logiciels. « Depuis un ou deux ans, Nokia perd des parts de marché face à la montée ne puissance de nouveaux acteurs venus de l'informatique, comme Apple (avec l'iPhone) et Google (avec Android) », explique-t-il. « Dans un premier temps, Nokia a eu comme stratégie de se concentrer sur les modèles d'entrée de gamme, à bas coûts, en se focalisant sur les pays émergents. Il a par ailleurs eu tendance à transposer ce modèle low-cost sur les smartphones en utilisant des composants matériels moins coûteux (processeurs à fréquences limitées, écrans résistifs et non capacitifs...) mais aussi moins performants que ceux de la concurrence ».
Le cap a changé et Nokia cherche coûte que coûte à se renforcer sur le haut de gamme. « Longtemps focalisé sur le système d'exploitation Symbian, qui a eu du mal à évoluer, le groupe a décidé l'an dernier d'utiliser MeeGo pour les smartphones haut de gamme, et de réserver Symbian à ses modèles d'entrée de gamme. Il lui restait à structurer sont organisation pour les smartphones, qui sont devenus des produits à part entière ». C'est fait. Reste à voir si cela sera suffisant.
Christophe Dutheil

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