Midi-Pyrénées : Merci, Airbus!

Par  - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3294

  À Toulouse, le moral du secteur aéronautique est toujours au beau fixe. Airbus a le vent en poupe et toute la filière régionale en profite.

A peine élu à la présidence du groupe EADS, Tom Enders a créé la bonne surprise en annonçant sa décision de relocaliser prochainement le siège du groupe à Toulouse (Haute-Garonne), où se trouve déjà le centre névralgique de sa filiale Airbus. Un ensemble immobilier de quelque 15 000 mètres carrés de bureaux situé à Blagnac, dans la proche agglomération toulousaine, serait retenu pour organiser cette grande migration. Environ 300 personnes travaillant dans la région parisienne seraient concernées, et presque autant à Munich.

De quoi renforcer encore davantage l'attractivité de la Ville rose, sélectionnée l'an dernier, dans le cadre des investissements d'avenir, pour accueillir l'Institut de recherche technologique (IRT) Aéronautique, espace, systèmes embarqués (Aese). Un dossier qui va permettre de mobiliser dans un proche avenir un budget de 290 millions d'euros pour concentrer sur un même territoire des équipes et des moyens exceptionnels de recherche technologique. Au coeur du projet : la construction de 12 000 m² de locaux sur le nouveau parc d'activités Montaudran Aerospace, en cours d'aménagement sur la commune même de Toulouse, à deux pas du campus scientifique de Rangueil. Sur ce campus d'une cinquantaine d'hectares, un pôle mécanique, matériaux et sciences de l'ingénieur de tout premier plan sera implanté, ainsi qu'une plate-forme d'innovation baptisée « Fahrenheit » et spécialisée dans l'innovation thermique.

FIN DE PRODUCTION POUR FREESCALE SEMICONDUCTOR

Après plusieurs sursis, la direction du groupe américain Freescale Semiconductor a confirmé l'arrêt définitif des lignes de production toulousaine de semi-conducteurs pour la mi-août. Les 550 salariés toujours en poste (sur un effectif initial de 820) devront alors quitter le site. Annoncée dès le 22 avril 2009, cette fermeture des ateliers de production devait à l'origine intervenir à la fin de l'année 2011. Les prolongations ont été décidées afin de permettre à certains clients de se constituer des stocks avant l'arrêt définitif des lignes de production. Le site toulousain maintiendra toutefois des activités de R et D, une branche qui concerne environ 500 personnes.

Le pôle de compétitivité Aerospace Valley, qui réunissait dernièrement ses 560 membres, vient de son côté de dresser un bilan particulièrement explicite de la dynamique économique locale. Depuis 2005, 608 projets de recherche et développement ont été analysés, 497 labellisés ou agréés et 276 financés. Sur le territoire du pôle, qui associe les régions Aquitaine et Midi-Pyrénées, l'emploi dans les filières aéronautique et spatial a crû de 19% entre 2005 et 2010, se traduisant par la création de 19 000 postes.

De nombreux indicateurs en bonne santé

L'Agence française pour les investissements internationaux (Afii) classe la région Midi-Pyrénées au troisième rang français dans son bilan 2011 des investissements étrangers créateurs d'emplois dans l'Hexagone. « Un classement où la région Midi-Pyrénées s'affiche dans le top 5 depuis plus de dix ans », souligne-t-on du côté de MPE, l'agence régionale de développement. Dans son bilan annuel, Patrick Berger, le directeur de la Banque de France Midi-Pyrénées, souligne pour sa part que « l'activité économique en Midi-Pyrénées se maintient à un bon niveau, grâce à la dynamique de l'aéronautique, avec un effet d'entraînement certain sur des secteurs tels que les équipements électriques, les équipements électroniques, l'informatique et, au-delà, sur des activités de services aux entreprises ».

De son côté, l'avionneur européen Airbus a lancé, au printemps, à Colomiers, dans l'agglomération toulousaine, les premières phases d'assemblage final de son nouvel A350, au sein d'une chaîne qui a mobilisé un investissement de l'ordre de 140 millions d'euros. L'effectif sera porté progressivement de 300 à 600 salariés dès la fin de cette année. Il pourrait ainsi atteindre les 1 200 à 1 500 salariés à pleine cadence : Airbus prévoit en effet d'assembler dix avions par mois en 2018. Plus globalement, Airbus table sur 570 livraisons d'avions en 2012 et devrait engranger plus de 600 prises de commandes. Sur les cinq premiers mois de l'année, l'avionneur a déjà livré 228 appareils. Un niveau d'activité qui nécessite sans cesse des investissements supplémentaires : une extension du centre de livraison d'Airbus, le Delivery Center, à Colomiers, est notamment planifiée, de même que la création d'un nouveau hub logistique, projet dont les contours restent encore à préciser.

Les équipementiers et les sous-traitants ne sont pas en reste. Dans le Lot, Figeac Aéro, fournisseur de pièces de structure, de pièces moteurs, de sous ensembles, envisage d'investir 35 millions d'euros entre 2012 et 2014, avec la perspective de créer 250 emplois. À Toulouse, le spécialiste des systèmes d'air, Liebherr Aerospace, après avoir engagé, en 2011, 27 millions d'euros dans la construction d'un centre d'essais, envisage se doter, en 2012, de nouvelles capacités logistiques. À Tarbes (Hautes-Pyrénées), Tarmac Aerosave, spécialisé dans le stockage, la maintenance et la déconstruction d'avions, poursuit sa croissance. En Ariège, c'est le groupe Eramet qui vient de faire part de sa volonté de conforter son site de Pamiers, en procédant à un plan d'investissement de 100 millions d'euros.

Aubert et Duval investit 100 millions d'euros à Pamiers

La filiale du groupe Eramet compte investir 100 millions d'euros sur la période 2012-2016. Ce programme s'accompagnera du recrutement d'une centaine de salariés d'ici à deux ans. « L'objectif n'est pas à proprement parler un développement de la capacité de production, mais plutôt une réorganisation de l'ensemble du site, avec en ligne de mire des gains de productivité, une réduction des temps de cycles et le développement de nouvelles lignes de produits et de nouvelles compétences », explique Joseph Bertin, le directeur du site Aubert et Duval de Pamiers (Ariège). À l'issue de ce plan quinquennal, le site ariégeois devrait être en mesure de doubler son chiffre d'affaires (268 millions d'euros réalisés en 2011, 516 millions attendus en 2016). L'usine, qui emploie actuellement 1 040 salariés, dont 850 CDI, est spécialisée dans le matriçage de pièces pour l'aéronautique (disques moteurs en superalliage et en titane, pièces de structure et de trains d'atterrissage) et pour l'énergie (turbines à gaz et frettes). Le site de Pamiers entend également se positionner sur les nouvelles générations d'encadrements de portes en titane, afin de répondre au choix technologique qui a été opéré par Airbus pour son nouvel A350.

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