Michelin ferme son usine de Toul
Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le
Le fabricant de pneumatiques prévoit de fermer, en 2009, son site de production de Toul en Lorraine, pénalisé par la concurrence des pays à bas coûts. Près de 830 employés y travaillent actuellement.
L'usine Pneumatiques Kleber de Toul (Meurthe-et-Moselle) va fermer ses portes en 2009. Le groupe Michelin propriétaire du site l'a annoncé aujourd'hui dans le cadre de sa stratégie « d'amélioration de sa compétitivité en France et en Espagne », note le communiqué.Spécialisée dans la fabrication de pneus tourisme de moyenne gamme, l'usine emploie 826 salariés et est l'un des principaux employeurs du bassin économique de Toul. Ce matin, les ouvriers ont procédé à des débrayages sur le site, pour protester contre l'annonce.
Pour Michelin, l'usine est victime de ses coûts de production « plus de 50 % supérieurs à ses concurrents », incapable de rivaliser avec les pneus importés d'Asie. Les cinq dernières années, le volume de pneus de tourisme produits par les fabricants asiatiques a bondi de + 70 %. Conséquence, le marché se retrouve en surcapacité, affirme le groupe Michelin.
Depuis 1999, 45 millions d'euros avaient été investis sur le site lorrain pour moderniser les lignes de production. Un effort insuffisant face à la concurrence internationale « C'est peu pour s'adapter. On se doutait un peu de la fermeture de Toul, vu le niveau des investissements. Mais on ne pensait pas que ce serait aussi rapide », reconnaît Patrick Chêne, délégué CGT chez Michelin.
Michelin avait racheté en 1996 le groupe Pneumatiques Kleber. Il compte deux sites de production à Toul et La Chapelle-saint-Luc (Aube). « Avec la fermeture de Toul, c'est bientôt la disparition de la marque Kleber en tant que tel dans les pneumatiques », se désole Yves Léonet, délégué syndical au sein de l'usine. Désormais, les ouvriers du site espèrent « trouver un avenir au site de Toul » et « se bouger pour réintégrer une autre production sur le site » lorrain.
Le groupe s'est engagé à proposer aux salariés « systématiquement deux postes dans l'une des 16 usines du groupe Michelin en France » ou une aide à la reconversion. « On a une très grosse inquiétude. La moyenne d'âge est de 40-45 ans, les gens ne sont pas très mobiles. A la sortie, on va restructurer avec des licenciements », craint Patrick Chêne.
Michelin a par ailleurs annoncé la réorganisation de son usine espagnole de Lasarte. 400 emplois devraient être supprimés dans le pneu de tourisme tandis que 50 millions d'euros seront investis pour la production de pneus moto haut de gamme.
D'ici 2011, le groupe prévoit toujours d'investir 1,15 milliard d'euros en France pour moderniser ses sites et devrait embaucher plus de 4 000 personnes en France. Et la fermeture de Toul « n'est en rien un signe de désengagement » affirme la direction.
Un argument qu'ont du mal à entendre les syndicats. « Après le site de Poitiers, Bourges maintenant Toul, cela commence à faire beaucoup », affirme Patrick Chêne.
Solène Davesne

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