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Mia Electric trace sa route sur les cendres d'Heuliez

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  par Claude Canellas

CERIZAY, Deux-Sèvres (Reuters) - Un an après la reprise du constructeur Heuliez, la société franco-allemande Mia Electric a réussi son pari en livrant ses premières voitures électriques et va accélérer sa cadence de production.

La villes de la Rochelle et de Nice ont été les premières servies par l'usine située à Cerizay (Deux-Sèvres). Au total, une soixantaine de véhicules y seront en service d'ici fin 2011.

Mia Electric va augmenter la cadence d'ici la fin de l'année pour atteindre une production de 1.000 véhicules par mois.

La progression a été rapide. En juillet 2010, il restait 35 salariés sur place. Un an plus tard, ils sont 240 et ils devraient être 300 au mois de décembre.

L'objectif du constructeur, que Ségolène Royal, candidate à la primaire socialiste en vue de la présidentielle de 2012, s'est démenée pour sauver de la faillite en injectant des fonds de sa région Poitou-Charentes, où est situé Cerizay, est de garder de l'avance sur la concurrence européenne.

Mia Electric a pris ses marques sur le site industriel.

Désormais, des distances ont été prises avec Heuliez, dont l'activité historique (emboutissage, ferrage, assemblage et carrosserie) a été reprise par le groupe français Baelen Gaillard Industrie (BGI), lequel fabrique les châssis de la Mia dans le cadre d'une relation commerciale classique.

"Nul n'ignore tout ce qu'Heuliez nous a apporté mais aujourd'hui il n'en reste rien chez Mia et pourtant toutes nos racines sont là", dit le directeur général Laurent Buffeteau.

Les bâtiments et les services ont été séparés, et désormais Mia vole de ses propres ailes comme le souhaitait son président et principal actionnaire Edwin Kohl, un industriel allemand qui a fait fortune dans l'industrie pharmaceutique.

Dans les ateliers, tout a été repensé, la chaîne de montage fonctionnelle et aérée tend vers le confort et la productivité.

CONCURRENCE FÉROCE

En un an, 35 millions d'euros ont été investis et, selon le directeur général, il en faudra encore autant pour solidifier un édifice qui devra faire face aux géants de l'automobile européens dont les objectifs annuels sont de produire 400.000 véhicules par an, selon Laurent Buffeteau.

La priorité a été donnée aux flottes d'entreprises ou de collectivités. Deux cents véhicules tests devraient être fournis à partir de la mi-septembre aux principaux clients.

Mais les particuliers n'ont pas été oubliés.

"Un réseau de vente est en cours de constitution en France et en Europe. Les points de contacts peuvent être une société de dépannage électrique, par exemple, ou un vendeur de véhicules de levage", indique Jean-Philippe Brun, responsable commercial.

Les livraison aux particuliers devraient débuter dans le courant 2012 pour un premier prix de 19.550 euros -- moins de 15.000 euros avec bonus écologique et aides comprises.

Trois types de Mia sortent des usines de Cerizay, toutes avec siège conducteur central. Des versions courte (2,87 m de long), et longue ainsi qu'une version utilitaire (3,19 m), avec toutes les déclinaisons possibles.

Sur la base de la Friendly, le véhicule d'Heuliez, tout a été entièrement redessiné par Murat Günak, ancien designer en chef du groupe allemand Volkswagen.

Ce qui fait également la différence se trouve dans les performances et le choix des batteries.

La Mia, qui peut atteindre 110 km/heure, a une autonomie de 90 à 150 kilomètres selon l'option choisie.

La batterie au lithium peut se recharger sur une prise électrique classique en trois ou cinq heures selon la puissance. Elle présente l'avantage d'être sans effet mémoire, et peut donc être rechargée partiellement, sans remise à zéro.

D'ores et déjà, Mia Electric travaille sur une nouvelle source électrique, la pile à combustible utilisant l'hydrogène comme source d'énergie, dit Laurent Buffeteau.

Le but est de supprimer toute la consommation d'énergie fossile nécessaire pour recharger les batteries actuelles afin de parvenir à la voiture 100% écologique.

Edité par Yves Clarisse


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