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MHS doute du projet russe pour Altis

Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le
Altissiege

Pierre Tauzinat, directeur général de MHS Industries (ex-Xbybus), doute de la stratégie du repreneur russe du site Altis dans l'Essonne. Sa proposition de reprise de cette usine avait été écartée à la mi-2007.

Tandis qu'AES (Advanced Electronic Systems), détenu par des capitaux russes, s'apprête à acquérir Altis Semiconductor, Pierre Tauzinat, directeur général de MHS Industries (ex-Xbybus), met en doute la stratégie du repreneur. La proposition de rachat de l'usine de semi-conducteurs de Corbeil-Essonnes (Essonne), par le fondeur français de puces électroniques, a été écartée à la mi-2007.

U.N. : Pourquoi doutez-vous du plan industriel d'AES, le repreneur d'Altis ?
P.T. : Je m'étonne que le repreneur ne soit pas impliqué dans le milieu des semi-conducteurs et qu'aucun plan de charge, avec des objectifs de production, n'ait été présenté aux partenaires sociaux. 

U.N. : D'aucuns s'inquiètent de voir les technologies d'Altis partir en Russie. Et vous ?
Je partage ces inquiétudes. Suite au plan proposé par le président Poutine, qui consiste à mettre en place une industrie des semi-conducteurs en Russie, les industriels devront soit dépenser beaucoup dans des équipements neufs et attendre longtemps, soit racheter des usines existantes, puis les rapatrier en Russie.

U.N. : En quoi votre offre serait-elle plus crédible ?
Elle répond à notre besoin d'augmenter nos capacités pour deux marchés, la bionique et la RFID. Nous avions fixé, pour l'usine d'Altis, une capacité de 400 000 tranches de silicium par an en 2013, avec le maintien de 1 000 emplois. Nous projetions d'investir, sur site, dans une unité de production de piles photovoltaïques et à laquelle le reste des effectifs aurait été affecté.

U.N. : En quoi ce schéma tiendrait-il le choc de la concurrence asiatique ?
Certes, le marché des téléphones portables est parti en Chine, en Malaisie ou en Indonésie. Mais pour les marchés que nous visons, tels que le biomédical ou la sécurité dans les transports, c'est la fiabilité du produit qui compte, plus que son prix.

U.N. : Avez-vous proposé une valorisation suffisante pour la reprise d'Altis ?
Pour nous, Altis vaut un euro, du fait de l'obligation de maintenir les effectifs pendant deux ans. Or, nous avons émis une offre bien supérieure, à hauteur d'environ 2,5 mois de chiffre d'affaires d'Altis. Notre offre a été auditée par les vendeurs qui ont donné leur accord. Le sénateur-maire Serge Dassault a appuyé notre financement pour assurer la crédibilité de notre plan de reprise auprès des pouvoirs publics, qui restaient à convaincre. Je ne pense pas que tous ces gens auraient perdu autant de temps si nous n'avions pas été crédibles.

U.N. : Si l'occasion se présente, êtes-vous prêt à renouveler votre offre ?
Oui, évidemment.

Entretien réalisé par notre correspondante en Ile-de-France, Chrystelle Carroy

A lire également sur l'Usinenouvelle.com :
L'inquiétude grandit sur l'identité du repreneur d'Altis
Altis aurait été racheté par un exportateur d'armes russe

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