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L'Usine de l'Aéro

Metravib part à l’assaut du soleil

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La société française Metravib a mis au point un système innovant pour le déploiement des antennes de Solar Orbiter, le satellite de l’Agence spatiale européenne qui partira en 2017 étudier les champs magnétiques émis par le soleil.

Metravib part à l’assaut du soleil

Solar Orbiter s’approchera à un tiers de la distance qui sépare la Terre du soleil. A cette distance déjà, ce satellite sera soumis à des écarts de températures extrêmes : +400 °C sur les faces éclairées, et -60 °C sur les faces à l’ombre. Concevoir un système mécanique capable d’opérer dans de telles conditions relève de l’exploit…

C’est à la société Metravib, filiale du groupe Acoem (42 millions d’euros de chiffre d’affaires, 310 collaborateurs) que l’Agence Spatiale Européenne a confié les études, la qualification et la fabrication des trois antennes du satellite. Des antennes baptisées RPW (Radio and Plasma Waves) qui sont capables de mesurer les champs électromagnétiques émis par le soleil, à la fois dans les basses et dans les hautes fréquences.

Elles se déploient comme un ressort

Le défi, pour Metravib, fut d’imaginer un système capable de replier ces antennes pour les faire entrer dans le lanceur, puis de les déployer et de les maintenir en place pendant la mission. La société a choisi de reprendre le même principe que dans ses systèmes de déploiement pour les panneaux solaires des micro-satellites, à savoir des articulations à joint Carpentier. "Ce sont des lames métalliques repliées et cintrées, qui sont déformées élastiquement et qui se déploient par effet ressort, ce qui évite de recourir à un moteur", expose Julien Marmonier, responsable du marché Aéronautique-Spatial-Défense chez Metravib.

Le problème est que les antennes du Solar Orbiter mesurent chacune 6 mètres de longueur. Les contraintes pendant le déploiement sont donc extrêmes, et les bras risquent de se tordre. "Ce fut un des principaux défis : nous avons dû imaginer des renforts spéciaux, en utilisant des alliages à mémoire de forme, afin d’accompagner et de contrôler le déploiement des antennes", poursuit Julien Marmonier.

Ces sous-systèmes de Solar Orbiter, seront produits à 7 exemplaires. Trois d’entre eux équiperont le satellite, qui partira à l’assaut du soleil en 2017.

Frédéric Parisot

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