MétallurgieForcast se restructureUn an après son entrée dans le groupe suédois Akers, le fabricant de cylindres de laminoir Forcast procède à un plan social. Il doit améliorer sa rentabilité.

Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2691

Métallurgie

Forcast se restructure

Un an après son entrée dans le groupe suédois Akers, le fabricant de cylindres de laminoir Forcast procède à un plan social. Il doit améliorer sa rentabilité.



C'est une période difficile qui commence, pour le fabricant de cylindres de laminoirs Forcast ! Cette ancienne filiale d'Usinor et de Cockerill, cédée en mai 1998 au suédois Akers pour cause de recentrage, va se restructurer. La société, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 846 millions de francs en 1998, doit rétablir sa rentabilité. Son intégration dans le groupe Akers a en effet fait tomber la marge opérationnelle de ce dernier de 9,3 % en 1997 à 5,7 % en 1998. " Le rétablissement de Forcast passe par l'amélioration de la qualité et de l'organisation du travail ", analyse Ingvar Lundborg, P-DG d'Akers. Qui en sait quelque chose : son groupe a fortement accru sa rentabilité entre 1992 et 1996 grâce à un tel programme.

La conjoncture, particulièrement difficile en 1999, a exacerbé les difficultés du fabricant de cylindres. Le prix de l'acier, au plus bas, n'incite pas les sidérurgistes à investir. " Le marché, très concurrentiel, est dans une logique de baisse des prix de vente ", souligne-t-on à la direction de Forcast. Si la société est seule sur son marché en France, elle doit affronter des concurrents vigoureux à l'échelle du marché européen (où elle réalise 80 % de son chiffre d'affaires). Ainsi, l'Allemagne ne compte pas moins de sept producteurs de cylindres... Et, depuis quelques années, les autres protagonistes du marché se battent sur le terrain de l'innovation, longtemps chasse gardée de Forcast et de son principal concurrent allemand, Gontermann Peipers.

L'usine de Berlaimont dans la ligne de mire

Le plan, annoncé le 1er juin, lors du comité central d'entreprise, est à la fois social et industriel. Il prévoit la suppression de 150 postes sur un effectif d'environ 850 personnes. Principal site touché : celui de Berlaimont (Nord), avec 90 postes dans la ligne de mire sur un effectif de 250 personnes. En 1998, l'usine a perdu 25 millions de francs pour un chiffre d'affaires de 180 millions. Et, depuis le début de l'année, ses pertes s'élèveraient à 3 millions de francs en moyenne par mois, sur un chiffre d'affaires mensuel de 18 millions. Les autres sites de Forcast sont moins touchés, à raison d'une dizaine de postes chacun (compensés par le biais de la réduction du temps de travail). Seul celui de Liège, en Belgique, serait légèrement en négatif, tandis que Fraisses, Sedan et Thionville seraient bénéficiaires.

Autre traitement de choc administré à Berlaimont : l'arrêt de la fabrication de petits cylindres moulés, pour les trains de laminoirs à froid. Un échec technologique et commercial pour Forcast, qui avait fortement investi dans cette ligne il y a cinq ans (à raison de 30 millions de francs). Misant sur un produit high tech, des cylindres moulés destinés à remplacer des produits forgés, mais qui n'a pas tenu toutes ses promesses. " Il a présenté des défauts d'aspect - des porosités - à demi-vie ", explique un proche du dossier. La société a rectifié le tir, mais le mal était fait. En revanche, la production de gros cylindres d'appui réalisée dans le site nordiste sera maintenue. Et même développée. A terme, 35 millions de francs devraient être injectés à Berlaimont.

Pour l'heure, un investissement de 5 millions de francs dans un four de traitement thermique vient d'augmenter de 15 % les capacités de production dans ce produit. " Trop tard ", répondent les représentants syndicaux, qui reprochent à Forcast de n'avoir pas répondu à temps à la demande. Le délai serait de quatorze mois dans ce type de produit.

Reste que Forcast n'est pas sans atouts. Sa gamme étendue de produits comporte aussi bien des cylindres moulés que forgés, pour trains à chaud ou à froid. Et sa capacité de recherche-développement est amplement reconnue. Deux qualités qui font tout son attrait, aux yeux d'Akers.



Akers maintient ses ambitions

Chiffre d'affaires 1998 : 1 746 millions de francs (dont 846 pour Forcast).

Résultat opérationnel : 100 millions de francs.

Pour atteindre son objectif, devenir le leader mondial des cylindres de laminoir, le groupe suédois a procédé à six acquisitions en Europe et aux Etats-Unis entre 1987 et 1998. La reprise de 55 % de Forcast à Usinor et Cockerill (qui ont conservé les 45 % restants) a enrichi son portefeuille produits de cylindres forgés et de gros cylindres moulés et lui a apporté de grosses ressources en recherche-développement.

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