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Mesures drastiques chez les transporteurs aériens

Le 06 juin 2008 par Rédaction L'Usine Nouvelle
AFPAirbusRoissy

Ici et là on réduit la voilure. Outre-Atlantique, le serrage de ceinture est particulièrement brutal, les transporteurs américains étant en surcapacité sur le marché domestique.

Après les constats alarmants dressés par le directeur général de l'Association internationale du transport aérien lundi 2 juin, ce sont les transporteurs américains qui multiplient les annonces. United Airlines, d'abord, a annoncé mercredi 4 juin le retrait de 100 avions de sa flotte, pour éliminer les plus gourmands en carburant. Une décision qui implique la suppression de 1.400 à 1.500 emplois.  American Airlines, ensuite, avait déjà annoncé fin mai vouloir réduire ses capacités de 11% à 12% au quatrième trimestre par rapport au quatrième trimestre 2007, pour redresser ses comptes. Première mesure concrète, la compagnie va cesser sa desserte de l'aéroport londonien de Stansted depuis New York à compter du 2 juillet. Continental Airlines, enfin, a annoncé jeudi 5 juin une réduction de 11% de ses capacités sur les vols intérieurs aux Etats-Unis à compter du quatrième trimestre. Le groupe va ainsi retirer 67 avions anciens de sa flotte et supprimer 3.000 emplois.

Ailleurs aussi. Selon les chiffres de l'Association européenne des compagnies aériennes (AEA), le trafic de ses 33 transporteurs européens a chuté de 2,7 % sur l'Atlantique-Nord et de 1,6% sur l'Europe en avril 2008, par rapport à l'année précédente. Côté Océanie, l'australien Qantas va supprimer plusieurs de ses vols vers l'Asie. En Asie, deux des principales compagnies aériennes chinoises, China Southern Airlines et China Eastern Airlines, vont réduire leurs vols internationaux, au moins temporairement. Thai Airways a  décidé d'annuler, à partir du 1er juillet, ses vols directs Bangkok-New York et de vendre ses quatre avions Airbus utilisés sur ce trajet. En Amérique Latine, la hausse du prix du pétrole a contraint deux compagnies péruviennes à suspendre purement et simplement leurs vols : les compagnies Star Peru et Aerocondor, dont les vols n'étaient plus rentables, n'effectuaient que des liaisons intérieures et avaient encore augmenté le prix des billets de 10% la semaine dernière. La hausse du kérosène est telle que les coûts variables dépassent les coûts fixes, et laisser un appareil au sol représente une économie salutaire pour toutes les compagnies.

Hausse boursière. En réduisant le nombre des vols, les compagnies cherchent également à tasser l'offre et augmenter le prix des billets, pour répercuter sur le client une partie du surcoût. Southwest Airlines par exemple, qui s'était imposé de limiter à 299 dollars le prix d'un aller sur un vol intérieur aux Etats-Unis, se permet désormais de facturer certains trajets 400 dollars. Pour alléger l'avion et la consommation de carburant, les compagnies incitent les passager à ne plus prendre qu'un bagage à main : American Airlines demande ainsi un supplément de 15 dollars pour emporter un premier bagage en soute et 25 dollars pour le second ! Quant à Delta Air Lines et de Northwest Airlines, qui anticipaient grâce à leur prochaine fusion une réduction des coûts de 1 milliard de dollars,  elles souhaitent désormais réduire les coûts de manière encore plus significative.

Un régime draconien salué sur les marchés boursiers : jeudi 5 juin, le titre de Continental Airlines s'appréciait de 4,55% à 15,15 dollars, l'action de UAL Corporation, maison-mère de United Airlines, bondissait de 7,24% à 9,77 dollars, tandis que American Airlines gagnait 3,79% à 7,66 dollars. Enfin les titres de Delta Air Lines et de Northwest Airlines, qui doivent fusionner, montaient respectivement de 6,89% à 6,52 dollars et 8,27% à 7,59 dollars.

Mais le répit est de courte durée, sur un marché aussi sensible à la hausse du kérosène. Les titres de toutes les grandes compagnies aériennes américaines ont dégringolé vendredi, suite à la nouvelle envolée des prix du pétrole, qui est remonté autour de 134 dollars le baril, puis a battu son record historique en culminant dans la soirée à 139 dollars.

Ana Lutzky


EasyJet surfe au-dessus de la vague

La compagnie aérienne britannique à bas coût easyJet a annoncé vendredi avoir enregistré une hausse de 15,9% de son trafic en mai par rapport au même mois de 2007, à 3,878 millions de passagers. Le taux de remplissage de ses avions a en revanche baissé de 0,4 point, précise Easyjet dans son communiqué, à 83,2%. En cumul sur les douze derniers mois, le trafic d'easyJet a progressé de 15,2% par rapport aux douze mois précédents, à 40,604 millions de passagers.

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