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Meralliance tente de convertir les distributeurs

Par Patrick Déniel - Publié le
transformation. un autre conditionnement permettra à l’entreprise de réduire de 25 à 30% son impact carbone.
transformation. un autre conditionnement permettra à l’entreprise de réduire de 25 à 30% son impact carbone.
© DR

Le premier fournisseur en saumon fumé de marques d’enseignes multiplie les initiatives «développement durable» pour garder sa place. Il veille à respecter la ressource halieutique ou à réduire l’impact des emballages.

Du développement durable, clé en mains, pour Carrefour, Auchan ou Casino, tel est le credo de Meralliance. Sur un marché disputé du saumon fumé, c’est la stratégie choisie par Gilles Charpentier, le patron de la PME bretonne, pour maintenir sa place de fournisseur numéro un des marques de distributeurs (MDD). En 2004, Meralliance fait réaliser par l’Afnor un diagnostic des démarches déjà engagées. Bilan sans appel : si les aspects de management et d’éthique sont satisfaisants, la PME peut faire beaucoup mieux en matière de biodiversité et de changement climatique. En 2005, elle réalise son premier bilan carbone, trois ans avant que Casino ne fasse sensation au Grenelle de l’environnement en apposant une étiquette carbone sur des produits de sa marque… Ses émissions sont évaluées à 562 grammes équivalent CO2 pour 100 grammes de produits finis. Le bilan met surtout en évidence le fort impact (49%des émissions) de l’amont de son activité : la pêche, la fabrication des aliments et l’élevage. L’emballage compte pour 22%de ses émissions, devant le process de transformation (18%) et le transport (11%). Pour les réduire de 3% par an, conformément aux objectifs français, Meralliance lance alors plusieurs chantiers relatifs aux matières premières. «Ce n’est pas évident, car nous n’avons pas forcément les compétences en interne pour gérer un problème qui ne relève pas directement de notre activité », avoue Jean- François Feillet, le responsable du développement durable. La PME revoit l’ensemble de ses approvisionnements.

CHIFFRES CLÉS
Siège: Quimper (Finistère)
Effectif 550 salariés
Implantations deux unités à Landivisiau et Quimper, et un site à bydgoscz, en Pologne
Chiffre d’affaires 80 millions d’euros en 2008
Elle décide de se fournir exclusivement de poissons issus d’une pêche ou d’un élevage certifiés par des écolabels. C’est-à-dire dont les techniques de pêche ou d’élevage et la bonne gestion des zones de capture ont été validées. «Nous avons remplacé l’espadon, le flétan et le marlin, soit parce qu’ils sont menacés, soit parce que nous n’arrivons pas à en garantir le taux de mercure», explique Jean- François Feillet. Le groupe cherche aussi à s’approvisionner davantage sur certaines espèces, auprès de la pêche bretonne. Il vient surtout de lancer un ambitieux projet au sein du pôle de compétitivité Pôle Mer Bretagne avec huit partenaires (universités, écloserie, fabricant d’aliments). Objectif : remplacer les farines de poisson issues de la pêche minotière dans l’alimentation des poissons d’élevage par des farines de copépodes, minuscules crustacés marins qui seraient élevés à terre. «Cela pourrait réduire d’un facteur dix l’impact de l’amont dans nos émissions !», se réjouit le responsable du développement durable, qui espère aboutir d’ici à trois ans. Restera ensuite à convaincre les éleveurs norvégiens ou écossais à changer de modèle d’élevage…

Deuxième priorité, réduire l’impact des emballages. Après avoir diminué la taille et l’épaisseur des films plastiques, la taille des contenants, et supprimé les intercalaires entre les tranches de poisson, Meralliance proposera bientôt un nouveau conditionnement, qui devrait réduire de 25 à 30% l’impact carbone de ce poste. Sur les émissions liées à la transformation et au transport, des mesures d’organisation du travail ont facilité le covoiturage, et 1 million d’euros va être investi pour remplacer les installations de refroidissement au fréon. La PME étudie le ferroutage à partir de l’usine polonaise et la compensation des émissions liées à samarque Armoric (10%des volumes) et va proposer à ses clients des solutions pour faire de même sur leurs MDD. Tous ces efforts peinent à se matérialiser dans le bilan carbone. Entre 2005 et 2007, les émissions ont progressé de 17%suite à la décision de plusieurs distributeurs de réduire les grammages des produits sans faire évoluer le packaging. Elles se sont stabilisées en 2008, et la décrue devrait s’amorcer cette année. « Nous ne maîtrisons pas les choix du distributeur, nous pouvons juste lui indiquer l’impact environnemental de ses décisions et lui proposer des solutions », reconnaît Jean-François Feillet. La perspective d’un étiquetage carbone obligatoire sur les produits de grande consommation à l’horizon 2011 devrait donner toute sa valeur à l’expertise de Meralliance.

Qu’attendez-vous de Copenhague ?

Il faut que le sommet crée une dynamique, notamment dans les entreprises. Elles doivent passer d’actions éparses à une réflexion réelle et globale à propos de l’impact de leur activité sur l’environnement.

Jean-François Feillet directeur du développement durable de Meralliance


 

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