Mediator : coup d’envoi du fonds d’indemnisation des victimes
Par Gaëlle Fleitour - Publié le
C’est le 1er septembre qu’entre en vigueur le dispositif permettant aux victimes du Mediator de faire valoir les dommages qu’elles ont subies. L’indemnisation pourrait être à la charge du laboratoire Servier, qui étudiera les dossiers au "cas par cas".
C’est à l’issue d’une réunion à huis-clos du "Comité de suivi du Mediator" - composé du ministre de la Santé, Xavier Bertrand, et des associations de victimes du médicament - qu’a été donné hier le coup d’envoi du dispositif d’indemnisation des victimes du Mediator.
En vigueur dès ce jeudi 1er septembre, il permet aux patients qui estiment avoir subi un préjudice suite à la prise de cet adjuvant au diabète, commercialisé par le laboratoire Servier de 1976 à fin 2009, de disposer d’un guichet unique. Ils pourront ainsi adresser leurs dossiers à l’Office national d’Indemnisation des Accidents Médicaux (ONIAM), qui les instruira et demandera à un collège d’experts d’examiner chaque cas.
Une procédure réglée… par Servier
Objectif, permettre "une indemnisation intégrale des victimes tout en garantissant leur droit d’intenter une action pénale si elles le souhaitent", via cette procédure gratuite, précise le ministère de la Santé. Une procédure gratuite pour les victimes… mais sans doute pas pour le fabricant du médicament, que Xavier Bertrand juge seul "responsable" de cette affaire. Ainsi, "l’ONIAM demandera systématiquement aux laboratoires Servier, sur le fondement de l’avis d’un collège d’experts, de faire une proposition d’indemnisation. S’ils refusent, l’ONIAM pourra, après avoir indemnisé les victimes, saisir la justice pour se faire rembourser ces sommes", indique son ministère. Un remboursement qui serait alors majoré de 30 % pour ne pas avoir accepté la demande initiale.
Interrogée par l’Usine Nouvelle sur la stratégie que le laboratoire comptait adopter à ce sujet, Lucy Vincent, la responsable des relations extérieures de Servier, indiquait le 19 août : "Nous n'avons pas de stratégie prédéfinie, je pense qu'il faut voir au cas par cas. Chaque cas est différent, nous allons répondre à chacun."

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