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Méaulte rassuré par le maintien du drapeau Airbus

09/05/2008
Au cours du CCE extraordinaire du mercredi 7 mai destiné à présenter la filialisation des sites de Méaulte et de St Nazaire ville, le syndicat majoritaire FO de l'usine de Méaulte (1300 salariés) dans la Somme, estime avoir obtenu des assurances sur le plan industriel.
Méaulte rassuré par le maintien du drapeau Airbus Au cours d'un CCE extraordinaire qui s'est tenu mercredi 7 mai à Toulouse, Fabrice Bregier, directeur général d'Airbus et Président d'Airbus France a présenté la rupture des négociations avec Latécoère concernant la vente des sites de Méaulte et de St Nazaire et leur filialisation à 100 % comme les usines allemandes d'Augsbourg, Nordenham et Varel. Les syndicats de l'usine Airbus de Méaulte dans la Somme (1300 salariés) spécialisée dans la fabrication des nez de la gamme Airbus, ont assisté par visio-conférence - comme leurs collègues des autres sites - à ce CCE convoqué dans l'urgence.

Fabrice Brégier s'est livré à un exercice délicat. Le 4 février 2008, il était venu à Méaulte et à St Nazaire, accompagné d'une délégation de dirigeants d'Airbus et de Latécoère, pour annoncer au management et partenaires sociaux de ces deux usines une cession des deux usines au groupe Latécoère au cours de l'été 2008. Trois mois plus tard, devant les mêmes syndicats, le même Fabrice Brégier a indiqué que la vente à Latécoère n'aurait pas lieu. Si cette apparente volte-face a surpris plus d'un salarié, le syndicat majoritaire FO a estimé - avec bon nombre de salariés - que la filialisation des sites de Méaulte et de St Nazaire était une « très bonne nouvelle pour Méaulte et St Nazaire et pour l'industrie française ». Par ailleurs, le syndicat a crié victoire mercredi car il avait milité pour une équité de traitement avec les sites allemands du groupe, qui seront filialisés. Le syndicat laisse entendre que cette filialisation relève d'une décision présidentielle. Dans un communiqué confédéral, il a rappelé que le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly s'était entretenu le 5 mai à l'Elysée « sur ce dossier spécifique » avec le Président de la République. Des sources au sein du même syndicat indiquent que « tout s'est réglé le soir du 5 mai entre Jean-Claude Mailly et Nicolas Sarkozy », ce dernier ayant décidé, au nom de l'Etat français actionnaire, de « siffler la fin de la partie » et d'accéder à la demande des sites français de bénéficier, comme les sites allemands, du statut de filiale.

A la sortie du CCE mercredi soir, il était plus question du maintien du drapeau Airbus sur l'usine de Méaulte que de la phrase du communiqué officiel d'EADS Airbus indiquant que la rupture des négociations avec Latécoère « ne change en rien la stratégie d'externalisation d'Airbus » et que les sites filialisés «pourront ainsi faire l'objet d'un partenariat, puis d'une vente à un stade ultérieur ».
Claude Cliquet, le délégué FO (syndicat majoritaire) de l'usine de Méaulte, se déclarait globalement « rassuré » mercredi soir par le « discours industriel » du directeur général d'Airbus. Le syndicaliste dit avoir obtenu l'assurance que le site picard continuerait dans l'avenir à avoir la responsabilité des pointes avant de la gamme Airbus, même si, comme aujourd'hui, il continue à sous-traiter quelques sous-ensembles. Il affirme par ailleurs que les investissements industriels jugés indispensables pour Méaulte « ne sont pas remis en cause ». Plusieurs sources indiquent qu'un investissement de l'ordre de 80-120 millions d'euros est en effet sur le point d'être engagé par Airbus à Méaulte. C'est d'ailleurs l'ordre de grandeur de l'investissement qui avait été annoncé par Latécoère en février pour construire à Méaulte une usine de composites. Les investissements dans le composite sont jugés hautement stratégiques par les salariés de Méaulte. Ces derniers savent en effet que les revêtements extérieurs - les « peaux » dans le jargon aéronautique - du nez du futur A 350  en développement seront en composite. Devant les partenaires sociaux du groupe, Fabrice Brégier a pour sa part mis l'accent sur l'obligation de réussite de l'A 350 - dont la moitié du fuselage sera en composite - qui devrait être livré à l'horizon 2013.
De notre correspondante en Picardie Claire Garnier


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