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Méaulte optimiste

07/05/2008
Finalement, Airbus filialisera les sites de Méaulte et de Saint Nazaire, faisant tourner court le projet de joint-venture avec Latécoère. Les salariés des sites sont satisfaits de ce résultat, arguant d'un traitement équivalent à leurs homologues allemands.
Méaulte optimiste C'est « serein » et « confiant » que Claude Cliquet, le délégué FO (syndicat majoritaire) de l'usine de Méaulte (1300 salariés, Somme) spécialisée dans les pointes avant pour la gamme Airbus, abordera le CCE extraordinaire organisé à Toulouse à partir de 15 heures ce mercredi 7 mai pour présenter la décision du « board » d'Airbus.

Ce mercredi 7 mai, EADS Airbus a en effet annoncé la rupture des négociations avec Latécoère sur la vente des sites Airbus de Méaulte et de St Nazaire et la filialisation de ces sites, comme les usines allemandes d'Augsbourg, Nordenham et Varel. « Cela ne change en rien la stratégie d'externalisation d'Airbus qui va procéder à la filialisation de ces sites » indique le communiqué officiel EADS Airbus en précisant que ces sites «pourront ainsi faire l'objet d'un partenariat, puis d'une vente à un stade ultérieur ». Sur le fond, Airbus aurait notamment eu des doutes sur la faisabilité de l'augmentation de capital de Latécoère et sur les conditions économiques de l'avionneur.

« C'est une bonne nouvelle. Nous avions demandé l'équité avec les Allemands et nous l'avons obtenue. La France ne va pas suivre le schéma d'externalisation dont n'ont jamais voulu les Allemands » commente Claude Cliquet se déclarant lui-même « optimiste » pour l'avenir du site qui assemble actuellement 450 pointes avant par an. Le syndicaliste et avec lui, les salariés, croient à une filialisation durable. « Nous pensons qu'une filialisation peut être présentée comme transitoire et durer très longtemps » confie Claude Cliquet.

Dans un communiqué confédéral, FO, syndicat majoritaire dans l'ensemble des établissements Airbus, qualifie pour sa part, de « positive » la décision prise par EADS de « conserver au sein du groupe dans une filiale 100 % Airbus les sites de Méaulte et de Saint-Nazaire ». Le syndicat laisse entendre qu'il s'agit d'une décision politique en rappelant que le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly s'est entretenu le 5 mai à l'Elysée « sur ce dossier spécifique », avec le Président de la République.

Des prévisions trop optimistes sur un bouclage du projet

Pour mémoire, le 4 février 2008 à Méaulte puis à St Nazaire, les dirigeants de Latécoère avaient annoncé la reprise des deux sites dans le cadre d'une « joint-venture de transition » avec Airbus (60 % Latécoère/40 % Airbus) pendant 3 ans. Ceci devait permettre le développement en commun de l'A350 dont plus de la moitié du fuselage sera en composite.  « Latécoère a fait la meilleure offre. Ce montage est un gage de pérennité. Il n'y aura pas de restructuration »,  avait alors affirmé Fabrice Bregier, directeur général d'Airbus et Président d'Airbus France. Bien au contraire, avait renchéri François Bertrand, président du directoire du groupe Latécoère. « Nous sommes dans une conjoncture idéale en raison des commandes record de la part de tous les avionneurs et dans tous les segments ».

Latécoère avait rassuré les salariés de Méaulte en indiquant que le site conserverait l'exclusivité de fabrication des pointes avant pour toute la gamme Airbus; qu'il avait l'ambition de « devenir leader européen des pointes avant » et ... de travailler pour d'autres qu'Airbus après la joint-venture de transition. Les dirigeants de Latécoère avaient ajouté que le groupe s'apprêtait à réaliser une augmentation de capital de 300 millions d'euros, ce besoin de financement devant couvrir le développement de l'A350 sur 5-6 ans, l'acquisition des sites de Méaulte et St Nazaire et la construction d'une usine de composites à Méaulte pour environ 100 millions d'euros.

Les salariés de Méaulte croient savoir que cet investissement n'est pas remis en cause par la rupture des discussions avec Latécoère. Ils s'appuient sur un récent courrier de Tom Enders leur assurant qu'Airbus ferait face « aux dépenses nécessaires ».  Plusieurs sources Airbus indiquent qu'un investissement de l'ordre de 80-120 millions d'euros est sur le point d'être engagé par Airbus.

De notre correspondante en Picardie Claire Garnier

 

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