McKinsey invite les entreprises à investir davantage en Afrique
Par Yann Le Houelleur - Publié le
Le cabinet de conseil international a publié une étude sur le potentiel de croissance qu’offre un continent dont les réalités économiques sont souvent négligées par les grands médias. Titre évocateur de ce document: "l'Heure des Lions, l'Afrique à l'aube d'une croissance pérenne".
Un continent trop souvent oublié, mais doué d’un potentiel prometteur : l’Afrique affiche pourtant un PIB en pleine ascension. Celui-ci a grimpé à raison de 4,9 % par année, pendant la période 2000-2008. Voilà une réalité passablement ignorée par les grands médias que le bureau de conseil McKinsey a mise en exergue dans une étude dévoilée le 14 septembre 2010, intitulée «l’Heure des Lions, l’Afrique à l’aube d’une croissance pérenne».
Responsable de l’Afrique du Nord au sein de McKinsey, Amine Tazi-Riffi a évoqué, lors de la présentation de l’étude à Paris, «un décollage économique qui s’inscrit dans la durée». Un autre dirigeant du cabinet a recommandé aux entrepreneurs français et européens de «se positionner en Afrique dès maintenant».
Pourtant, plusieurs grands groupes français n’ont pas attendu de telles suggestions pour mettre un solide pied en Afrique. A titre d’exemple : Total, Alstom, Areva, Renault, le groupe Bolloré, etc. Ce qui n’empêchait pas le journal Jeune Afrique, en juin dernier, de déplorer la perte d’influence de la France par rapport à la montée en puissance, sur ce continent, de la Chine, de l’Inde et du Brésil. «Le nombre d’exportateurs français en Afrique, relevait le magazine, a chuté de 3,6 % en 2009. Dans les mines, Areva et Eramet sont bien seuls pour défendre les couleurs françaises. Au Niger et en République démocratique du Congo, China National Uranium Corp. concurrence frontalement Areva pour la maîtrise de l’uranium.»
Notations flatteuses pour certain pays
Belle insistance! Au début de l’année, McKinsey avait déjà fait vibrer sa corde pro-africaine. Il avait alors désigné l’Afrique comme le troisième acteur en termes de contribution à la croissance économique mondiale, après la Chine et l’Inde. De surcroît, plusieurs pays africains se sont vus accorder, par les agences de rating, des notations qui leur ont ouvert d’importantes places financières internationales.
La crise financière mondiale qui a atteint son paroxysme en 2009 a toutefois rappelé cette incontournable réalité : la progression de l’Afrique se fait à deux-vitesses. Comme on peut le lire sur « Perspectives économiques en Afrique », un site spécialisé, les pays au Sud du continent ont vu leur croissance fauchée par la conjoncture mondiale en 2009. Cette année-là, leur PIB a reculé de 1 %. Par contre, la croissance pour l’Afrique de l’Est a été de 5,8 % et celle du Maghreb de 3,75 %.

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