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McCain abandonne l’huile de palme pour le tournesol

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Frites
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Production.

Dans une frite McCain, il y a 90 % de pomme de terre et 10 % de matière grasse. L’objectif du producteur de pommes de terre surgelées, dont la division européenne utilise 37 000 tonnes d’huiles par an, est depuis plusieurs années d’améliorer la qualité de cette matière grasse, avec pour principal cheval de bataille : la diminution des acides gras saturés.

 
Alors qu’il utilisait depuis 2006 et dans cette optique, une huile à 50/50 palme et tournesol, le groupe canadien McCain vient cette fois de décider de se passer de l’huile de palme, au profit exclusif du tournesol. Et ce à l'échelle de l'Europe continentale, autrement-dit dans 45 pays.
 
Le groupe utilisera dorénavant un « mélange » de plusieurs huiles de tournesol : une huile classique, qui jouit d’une bonne stabilité à la chaleur, et une huile à base de tournesols riches en acide oléique, reconnu pour son rôle dans la réduction du taux de cholestérol.
 
Si Christine Delepierre, responsable Développement durable pour McCain Europe continentale, insiste sur le bénéfice avant tout « nutritionnel » de la nouvelle huile, se séparer de l’huile de palme, qui traine derrière elle une réputation « sulfureuse », est aussi une façon pour le groupe McCain de conférer une image positive à son activité et à ses produits.
 
Cauchemar écologique pour les uns, qui accusent les plantations de palmiers à huile de causer la destruction de la forêt tropicale et l’extinction des orangs-outans ; danger sur la santé pour d’autres, qui pointent du doigt sa haute teneur en acides gras saturés, l’huile de palme est néanmoins utilisée dans une grande variété de produits.
 
Produite en quantité industrielle principalement en Malaisie et en Indonésie, à raison de plus de 35 millions de tonnes par an à eux deux, l’huile de palme reste la moins chère du marché, malgré des prix à la hausse au 1er trimestre de 2011. La décision de McCain ne tient donc pas à des critères financiers. Au contraire, le prix de revient des huiles de tournesol dorénavant utilisées par le groupe est plus élevé que celui de l’huile de palme.
 
Pour autant, le spécialiste de la pomme de terre surgelée table sur un retour rapide à l’équilibre : il s’appuiera désormais « exclusivement » sur des fournisseurs présents en Europe, tel l’américain Cargill avec qui il collaborait déjà depuis 2006, et réduira ainsi ses coûts de transport.
 
 
Laura Heulard
 
 
 

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