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Mazak expérimente l'usine du futur

Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le
Maraz dossier machine outil

  Dans l'usine anglaise de Worcester, c'est la prochaine génération de machines-outils du géant japonais qui fabrique la génération actuelle. Elles sont plus autonomes et peuvent se passer d'opérateur pendant un mois !

Pour fabriquer une machine-outil, quoi de mieux que d'utiliser d'autres machines-outils ? C'est ce que fait le japonais Mazak, leader mondial du domaine, dans son usine de Worcester, en pleine campagne anglaise près de Birmingham. A l'occasion du lancement d'une gamme de centres d'usinage, le constructeur nippon entame un nouveau programme d'investissements. L'objectif ? Automatiser davantage le site de Worcester. Celui-ci fait à la fois office de vitrine technologique et de centre de fabrication pour l'Europe. Le japonais y met en pratique les techniques de production et les prochaines générations de machines qu'il proposera ensuite à ses clients. Comme les cellules robotisées comprenant une machine-outil et un robot. Mais aussi le suivi automatique des outils coupants. Tous deux permettent d'augmenter la productivité et de limiter le recours aux opérateurs tout en augmentant l'autonomie des machines.

Finies les opérations de prépositionnement !

Depuis juin à Worcester, un robot équipe le centre d'usinage multifonction qui fabrique les tourelles et les capots des machines-outils. De marque Fanuc, il accomplit plusieurs opérations. D'abord,

Le site pilote

> Lieu Worcester (Grande-Bretagne)
> Création 1987
> Production Tours et centres d'usinage verticaux pour les marchés européens
> Capacité 150 machines par mois
> Salariés 340 personnes

il alimente en continu le centre d'usinage avec des pièces brutes de fonderie. Il sélectionne en même temps le système de fixation adapté au type de pièce à usiner, en fonction des changements de gammes. Puis il retire les pièces finies.

Sa tâche est facilitée par un système de vision artificielle qui lui permet de repérer ses cibles parmi des fixations et des pièces disposées en vrac. Finies les opérations de prépositionnement, qui sont le lot courant des systèmes traditionnels utilisant des palettes et des opérateurs humains. Le manipulateur du robot et son système de vision s'en chargent.

« Le but recherché est de permettre à la machine de fonctionner de manière autonome sur une longue période. Nous sommes partis avec un objectif de 420 heures, que nous avons poussé à 720 heures », se félicite Etienne Besson, le responsable technico-commercial de Mazak. Soit un mois de fonctionnement ininterrompu sans intervention humaine ! D'ailleurs, aucun opérateur ne parcourt la ligne de fabrication. Deuxième étape vers une automatisation plus poussée du processus de production, la phase de préparation des outils coupants, traditionnellement du ressort de l'opérateur, est désormais entièrement automatisée. La gestion est assurée par un magasin central, qui sert l'ensemble des cinq machines-outils de la ligne de production. Une chaîne de convoyage, située au-dessus d'elles, assure le transport des outils. La gestion se fait grâce à des puces radiofréquences (RFID). Le japonais propose déjà à ses clients son logiciel de gestion. Quant aux cellules robotisées, les premières seront bientôt livrées dans l'automobile.


J.-P. V., à Worcester

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