L'Américain vient de faire l'objet d'une OPA d'un groupe d'investisseurs. Ce qui laisse présager une accélération de la restructuration industrielle.
Le numéro 3 américain de l'électroménager va passer dans le giron d'un groupe d'investisseurs mené par le consortium Ripplewood. Les fonds d'investissements sont prêts à débourser 1,12 milliard de dollars (890 millions d'euros) pour avaler leur proie. Dans le rouge depuis l'an dernier (9 millions de dollars de perte en 2004 pour un chiffre d'affaires de 4,7 milliards), le groupe devrait voir sa restructuration industrielle s'accélérer. Les analystes évoquent déjà une potentielle fermeture du site de Newton, dans l'Iowa, qui produit des machines à laver et des sèche-linge, ainsi que de l'usine d'aspirateurs Hoover à North Canton, dans l'Ohio. Contrairement à ses concurrents comme Electrolux qui a annoncé que les deux tiers de ses usines se situeraient dans les pays à bas coût d'ici à 2008, Maytag conserve encore la majorité de son outil industriel aux Etats-Unis. Il y fabrique plus de 99 % de ses appareils de lavage, 100 % de ses lave-vaisselle et la totalité de ses tables de cuisson et fours. Seuls les réfrigérateurs ont vu une partie de leur production transférée au Mexique. Les aspirateurs, quant à eux, ont migré depuis longtemps en Amérique centrale et seulement 50 % des volumes sont aujourd'hui assemblés sur le sol américain.
Délocalisations à attendre
Il n'empêche. La part de production dans les pays à bas coût reste faible. Résultat : Maytag n'a pas pu faire face à l'offensive des constructeurs asiatiques. Le chinois Haier ou le coréen LG - ce dernier a décroché un contrat de distribution avec Home Depot qui détient 6 % du marché outre-Atlantique - gagnent du terrain chaque jour et poussent les fabricants historiques à revoir leur stratégie industrielle, ce que n'a pas fait l'Américain. Handicap supplémentaire pour Maytag : le groupe ne vend ses produits que sur ses terres natales et ne profite donc pas du potentiel de croissance des pays émergents. L'annonce de la restructuration de 2004 visant à diminuer l'effectif de 20 % et à dégager des économies de 150 millions de dollars par an ne sera du coup probablement pas suffisante aux yeux des nouveaux actionnaires.









