MARTIAL BUISSON - LA MÉCANIQUE DANS LA PEAU
Par CÉCILE MAILLARD - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3266Ce passionné de sport automobile a dû faire un choix difficile, à la fin de sa formation. Son stage de fin d'études à l'Insa Rouen, Martial Buisson 23 ans, aurait pu le faire chez Renault Sport et travailler sur le bouclier avant de la Mégane RS (modèle sportif de série). Le jeune ingénieur a pourtant préféré Aztec, une TPE grenobloise de 12 salariés, fabricant de dameuses. Son sujet : les treuils qui permettent d'accrocher les véhicules dans les pentes les plus raides. « J'ai travaillé au bureau d'études sur la conception et le développement de l'un de ces treuils. Passionnant, surtout dans une petite structure qui fait tout, de la conception aux essais, en passant par le démarchage des fournisseurs. » Bonne pioche : le jeune diplômé est embauché à la fin de son stage en juillet 2011. Depuis, il poursuit son travail de développement. Particularité de la dameuse avec treuil développée par Aztec : le câble de treuillage est en fibres synthétiques, ce qui le rend dix fois plus léger (80 kg pour 1 000 mètres) que celui de ses concurrents, en acier. « Pendant le stage, j'ai surtout travaillé sur les parties mécaniques. Maintenant, je réfléchis à l'intégration des capteurs et à l'amélioration de certaines fonctions, après les essais faits cet été sur les pistes des Deux-Alpes. »
Son boulot, varié, reste très pratique. C'est ce qu'il cherchait. « Après son bac, il fuit les classes prépas, trop théoriques, et choisit une école d'ingénieurs en cinq ans. En fin de deuxième année, il opte pour le département mécanique. La pratique, toujours. À l'Insa Rouen, il tombe sur un trésor : une voiture de rallye à l'abandon, achetée en 1999 par un élève. Avec un ami, il se lance dans la recherche de sponsors, entre en contact avec un préparateur auto heureux de trouver ces jeunes passionnés, retape la voiture et court six rallyes en Haute-Normandie. Il est pilote, son copain copilote. Parallèlement, les amis relancent le Club sport automobile de l'Insa et organisent des compétitions de karting. Malgré un accident et un passage de relais à la promotion suivante, Martial sait qu'il retournera un jour vers le rallye. « Une fois qu'on y a goûté, on ne peut plus s'en passer. » En attendant, le Normand profite de la montagne grenobloise, notamment à VTT, troquant les doux dénivelés de sa région pour ceux, plus abruptes, des Alpes. Ce n'est pas une petite pente qui va faire peur à ce jeune homme volontaire.
« Enfant, j'ai beaucoup bricolé avec mon père, dans la maison et sur la voiture. J'ai toujours eu envie de faire un métier et des études pratiques. »
HADRIEN BOURJOT de Centrale Lyon, pour le développement d'un véhicule hybride de compétition JEAN-VINCENT HONG de l'Esiee, pour sa contribution au projet Robobees.

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