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L'Usine Maroc

Maroc : la mise en route de la centrale solaire CSP géante Noor 1 "se passe très bien", selon Acwa Power

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L'Usine Nouvelle a rencontré Vincent Dewulf, (voir photo ci-dessous) directeur commercial du groupe saoudien Acwa Power développeur au Maroc de la centrale thermosolaire Noor I, et ce en marge du colloque "France - Maroc : une histoire partagée, des défis communs" organisé le 9 novembre par l'Institut du Monde Arabe à Paris. La centrale de 160 MW qui a coûté autour d'un milliard d'euros est en train d’achever la phase de tests techniques. Le démarrage officiel de ce projet emblématique initié par l'agence solaire marocaine Masen devrait intervenir sous peu. Le groupe Acwa Power confirme aussi son intéret pour les projets  au Maroc de terminaux GNL et de centrales électriques à gaz naturel. Entretien express.

Maroc : la mise en route de la centrale solaire CSP géante Noor 1 se passe très bien, selon Acwa Power
La centrale Noor1 à Ouarzazate
© Climate fund

L'Usine Nouvelle : Où en le projet Noor1, une centrale thermosolaire CSP de 160 MW, et que va-t-il se passer dans les semaines et mois à venir ? On évoque désormais une inauguration très proche...

Vincent Dewulf : La période de mise en service de cette centrale est en cours. En fait, les premiers électrons sont déjà partis dans le réseau de l'ONEE. Simplement la centrale n'a pas encore fonctionné à 100%. On met progressivement en service les boucles [sous-parties du réseau de 500 000 miroirs NDR] les unes après les autres et on les fait démarrer. Ça se passe très bien malgré les quelques défaillances inhérentes à tout système de cette taille et auxquelles on remédie.  

Pour résumer, comment fonctionne le système thermosolaire, le plus important du monde à ce jour ?

Il est déjà opérationnel. Le soleil chauffe la résine liquide dans la parabole, qui est ensuite acheminée dans la centrale pour chauffer l'eau et produire de la vapeur qui produit de l'électricité. Le liquide a aussi déjà réchauffé les sels qui servent sous forme fondue à accumuler de la chaleur et produire de l'électricité hors ensoleillement. Pour rappel, il y a deux heures de stockage et on utilise deux bacs pour cela.

Les autorités politiques marocaines doivent-elles encore intervenir dans le process de mise en route ?

Pas du tout. Le fournisseur doit encore achever sa construction à 100%. Il va nous assister encore pendant un an ou deux. ll s'agit d'un consortium de quatre entreprises dont Acciona et Sener.

Votre contrat de vente d'électricité avec l'Office de l'électricité (ONEE) a-t-il déjà commencé pour Noor1 ?

Bien sûr. Nous sommes très proches de l'ONEE puisque toute la synchro se passe avec eux et nous ne pouvons rien faire sans eux. Nous avons une collaboration technique très intense. Masen d'un point de vue contractuel est l'intermédiaire entre nous, mais le destinataire final de l'électricité reste bien l'ONEE et son réseau électrique.  

Ouarzazate est située en zone semi-désertique. Est-ce qu'il y a la quantité suffisante d'eau nécessaire à l'entretien, au nettoyage régulier des miroirs notamment ?

Oui, grâce au barrage, qu'on voit d'ailleurs à vol d'oiseau à 5 ou 6 km du site qui a été créé en 1954 par le roi Hassan II. Et heureusement, car sans ce barrage, l'eau nous aurait coûté cher et aurait fortement limité le projet. Et grâce ou à cause du changement climatique, la pluviométrie qui s'est accrue dans la région nous aide aussi.

Avez-vous mis en place un système de récupération d'eau, de "reuse" ?

Pour économiser un maximum d'eau, il y a un système de récupération des eaux usées pour les purifier. Ce qui augmente d'un côté le coût d'exploitation de la centrale mais permet en même temps d'être moins dépendant de cette ressource rare qu'est l'eau dans le désert.

Qu'en est-il des travaux des projets Noor2 et Noor3 que Acwa a emporté sur appel d'offres cette année ?

A quelques mois près, ces deux projets avancent sur le même tempo. Tous les travaux concernant le sol ont déjà démarré et sont bien avancés. Le premier utilise la technologie CSP avec des paraboles et le second c'est une technologie de tour. La technologie CSP a besoin d'énormément de terrassement car cela doit être de belles terrasses alignées. En ce qui concerne la tour, le travail au sol est moindre vu que les héliostats peuvent être placés à n'importe quelle hauteur et sont orientés de manière automatique.  En revanche, la tour demande un énorme travail de soubassement car elle fait 255 mètres de haut !

Acwa a été sélectionné cette année pour réaliser les projets Noor 2 et Noor 3, qu'en-est il du programme Noor4 que lance l'agence solaire marocaine Masen?

Il n y a pas encore eu d'appel d'offres sur ce projet de plus petite taille d'une puissance de 50 à 60 MW et en photovoltaïque.

Y a-t-il d'autres projets identifié par Acwa ?

Il y a Noor Midelt  qui a une capacité de 400 MW. Et Masen qui gère ce projet le clôturera financièrement au quatrième trimestre 2017. Mais Acwa attend les appels d'offre et ne travaille pas encore sur ces projets.  

Où en est Acwa Power dans ses projets au plan global ?

Acwa power qui a été créé en Arabie saoudite par son PDG Paddy Padmanathan est une aventure assez exceptionnelle. Nous avons 7 GW de capacité électrique installée ou en développement et cela en une seule décennie.

Nous travaillons déjà pour une douzaine de pays dans le monde. Nous avons des ressources limitées mais maitrisons notre rythme de développement. Pour vous donner un exemple, sur les deux dernières semaines seulement, nous avons répondu à 5 appels d'offre au niveau du groupe. Cela a créé une effervescence et une stimulation au sein du groupe.

Acwa est un groupe qui emploie 2600 personnes et au Maroc nous avons une centaine de personnes qui travaille pour nous à Rabat où nous sommes installés pour des raisons historiques car notre premier client était Masen.

Au Maroc, votre groupe a dit réfléchir également sur le projet de terminal GNL et centrale à gaz annoncé par le gouvernement. Où en êtes-vous?

Nous avons identifié deux projets concrets au plan des énergies fossiles au Maroc. L'un en matière de gaz naturel effectivement et l'autre en matière de charbon qui nécessite la construction d'un port. Le Maroc a besoin à la fois de gaz et de charbon car le renouvelable ne sera pas en mesure de répondre à la totalité de ses besoins énergétiques. Pour le gaz naturel, l'appel d'offre sera diffusé dans le meilleur des cas au milieu de l'année prochaine , et oui, Acwa Power est intéressé par ce projet.

Et dans le cas du charbon ?

Dans le nord, il y a le projet du nouveau port Nador West Med accompagné de différentes infrastructures dont une centrale à charbon de 1200 MW. Nous allons regarder.

Propos recueillis par Pierre-Olivier Rouaud

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