Usine Nouvelle

S’inscrire à la newsletter
Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine de l'Energie

Maroc : 32% d’intégration locale atteinte pour la centrale solaire CSP Noor 1 qui va incessamment entrer en service

, , , ,

Publié le

Près d'un tiers des travaux liés à l’installation de Noor I, la centrale solaire CSP géante d'Ouarzazate qui doit entrer en fonction début novembre ont été réalisés par des sociétés marocaines. Mais presqu’aucune n’a été en réalité mobilisée sur les technologies du solaire à concentration. Masen, l’Agence marocaine de l’énergie solaire travaille désormais à l’émergence du secteur à travers le nouveau Cluster solaire.

Maroc : 32% d’intégration locale atteinte pour la centrale solaire CSP Noor 1 qui va incessamment entrer en service
32% des travaux liés à l’installation de Noor I, la première centrale solaire électrique du pays, ont été réalisés par des entreprises marocaines.
© Safi Naciri © EU NEIGHBOURHOOD INFO CENTRE

"L’objectif d’intégration locale était de 30% du budget de façon obligatoire, mais nous sommes arrivés aujourd’hui au-delà et nous avons atteint 32%", a révélé Carlos Ledesma, directeur projet de Noor I chez Acciona lors du Morocco Solar Festival, le 17 octobre, à Ouarzazate, une ville désormais épicentre de l'énergie solaire à concentration au Maroc et dans le monde avec plus de 6 milliards d'euros de projets en route.

D’ici mi-novembre, Acciona, l'entreprise espagnole chargée de l’ingénierie, de la construction et de la mise en service livrera clés en main la centrale, sans doute la plus grande a monde au groupe saoudien Acwa Power, développeur adjudicataire de l’appel d’offre émis par l’Agence marocaine de l’énergie solaire (MASEN).

En près de trois ans de travaux, "1800 personnes ont travaillé à l’édification de la centrale à Ouarzazate ou en sous-traitance à Casablanca. 1200 d’entre eux étaient des sociétés de droit marocain. DLM Maroc, Electrodrive ont notamment travaillé pour nous. Les entreprises marocaines étaient surtout présentes dans la construction, la mécanique, l’électricité et la mise en service. Notre expérience avec ces entreprises a été excellente et c’est une bonne base pour les prochains projets solaires", selon Carlos Ledesma.

Mais de très gros lots technologique sont revenus à des entreprises internationales comme les 530 000 mirroirs fournis par l'allemand Flabeg (devenu entre temps... une filiale du développeur saoudien Acwa) ou encore les turbines revenues à une autre allemand, le groupe Siemens.

"Les entreprises marocaines sont intervenues en sous-traitants de premier rang dans le génie civil, les infrastructures, le montage, la construction d’une partie des trackers, les supports des miroirs, la logistique … , détaille pour sa part Ahmed Squalli, président de l’Association Marocaine de l'Industrie SOLaire et Eolienne (AMISOLE). D’autres sont intervenues sur le poste de livraison, les lignes à haute tension, la sous station à haute tension, mais ce sont des domaines qui ne sont pas propres au solaire. Ce sont des ouvrages classiques liés au réseau électrique."

LES BAILLEURS DE FONDS RETICENTS

En d’autres termes, à l’exception des constructeurs des trackers, aucune entreprise marocaine n’est intervenue sur la technologie solaire en tant que telle. Le centrale Noor1 fonctionne selon la technologie solaire à concentration avec des mirroirs cylindro parabolique qui chauffent un liquide caloporteur, circulant dans un tube, et qui fait ensuite fonctionner une turbine à vapeur.

"J'espère que pour la deuxième et la troisième tranche du projet Noor il y aura plus d’ouverture sur le sourcing local", ajoute Ahmed Squalli

"Concernant l’intégration locale, nous avons atteint 30% sur Noor I et l’objectif est de 35% sur Noor II et III", selon Obaid Amrane, membre du directoire de Masen.

Mais dans les faits, "les bailleurs de fonds internationaux sont très réticents vis-à-vis de la préférence nationale. ils exigent que la concurrence soit la plus ouverte possible. On a beaucoup de retard dans le lancement de la deuxième et troisième phase à cause de cette clause de sourcing. Je sais que Masen a beaucoup bataillé", révèle le président de l’AMISOLE (photo).

Dans le cadre du Cluster solaire qui rassemble toutes les entreprises concernées par le secteur,  "nous avons déjà eu une première rencontre avec l’espagnol Sener [membre du consortium mené par le saoudien Acwa Power adjudicataire des stations Noor II et III, ndlr] et le chinois Sepco III qui va faire toute l’ingénierie de la construction. C’est d’eux dont dépendra la participation des entreprises marocaines", précise Ahmed Squalli.

Le Cluster a été créé en 2014 par Masen et le gouvernement marocain pour soutenir le développement d’une production, voire de technologies proprement marocaines.

"La réussite de Noor se mesurera à la création d’un écosystème. Il ne s’agit pas seulement de produire de l’électricité d’origine solaire, mais aussi de faire émerger un secteur. Il ne faut pas substituer la dépendance technologique à la dépendance énergétique", insiste Obaid Amrane.

TROP GROS POUR LES PME MAROCAINES

"Très sincèrement, ce n’est pas avec des projets comme Noor I [autour de 1 milliard d'euros NDR] que l’on va développer l’industrie solaire au Maroc, juge pourtant Ahmed Squalli. La taille des projets est telle qu’aucune entreprise ne peut répondre à des demandes aussi importantes dans des délais aussi courts."

De fait, le Cluster solaire du Masen offre aujourd’hui son soutien à des entreprises en dehors de ces grands marchés. Cleanergy à Casablanca est ainsi aidée dans son projet d’offrir à un village d’une dizaine de foyers, près d’Essaouira, une autonomie énergétique totale grâce au solaire. Alto Energy, à Agadir, est soutenue pour vendre à la coopérative agricole Copag une technologie solaire en substitution de ses générateurs diesel.

Les industriels marocains sont plus optimistes sur le volet photovoltaïque du Plan solaire marocain encore à venir pour l'essentiel et dénommé Noor IV. "L’intégration locale se présente mieux pour Noor IV. Au Maroc, il existe trois entreprises qui réalisent des panneaux photovoltaïques : Cleanergy, Jet Energy, filiale de Jet Alu et Droben, dont certaines usines pourraient monter rapidement en capacité", estime le président de l’AMISOLE. Surtout, le secteur fonde ses espoirs sur la libéralisation de la moyenne et basse tension.

Dans le cadre de son soutien aux énergies renouvelables, « cette année, le gouvernement a publié la loi °54-14 au BO modifiant le dahir ONEE. Cela permet d’avoir accès au réseau électrique national si l’autoproduction électrique de source renouvelable dépasse 300 MW. L’excédent d’énergie produit doit être vendue exclusivement à l’ONE. Surtout, le Conseil de gouvernement a adopté le 27 août 2015 un projet de loi permettant l’ouverture du marché électrique de source renouvelable de la basse tension", précise enfin Badr Ikken, directeur général de l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (IRESEN). De quoi donner un rayon de soleil à l'industrie marocaine?

Julie Chaudier, à Ouarzazate

Fiche technique du projet Noor I à Ouarzazate
Maitrise d'œuvre : Acwa, Aries IS, TSK EE, Acciona
Technologie : capteurs cylindro-paraboliques (CSP)
Fournisseurs : Flabeg FE (miroirs), Flowserve, Siemens, Dow Dowtherm, Sugimat SL, Power Electronics...
Capacité brute : 160 MW
Stockage thermique : 3 heures à pleine puissance
Localisation : 7 km est- nord-est d'Ouarzazate
Surface globale : 3 300 ha
Surface de la phase 1 : 450 ha
Niveau s'ensoleillement :  6,6 KWh / m2 / jour
Financement :  Banque africaine de développement, Banque européenne d'investissement, Banque mondiale, Agence française de développement, Kfw, Union européenne...
Coût : 1,042 milliard d'euros (chiffrage BAD de 2012)
 

Réagir à cet article

Les entreprises qui font l'actu

 

Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus