Marché du travail : le Parlement s'empare de la flexisécurité14/04/2008
Semaine studieuse pour les députés qui vont plancher sur le projet de loi censé apporter plus de souplesse au marché du travail.
Les députés vont examiner à partir du mardi 15 avril le projet de loi sur la "modernisation du marché du travail", afin de transposer l'accord approuvé le 11 janvier dernier par les partenaires sociaux. En substance, le projet (voir encadré) prévoit une rupture plus souple du contrat de travail mais encadrée, un CDD de 18 et 36 mois pour des missions d'ingénieurs ainsi qu'un rallongement des périodes d'essai pour les salariés. Le texte devra être ensuite examiné les 6 et 7 mai par les sénateurs. Son entrée en vigueur est prévue d'ici à l'été. Le Medef avait salué en janvier l'arrivée en France de la « flexisécurité » inspiré du modèle danois. Celui-ci allie souplesse du contrat du travail et sécurité des parcours professionnels. Les députés UMP devraient donc approuver le projet voulu par le président Sarkozy après son élection. « On aura a cœur de ne pas casser le texte ni changer cet accord au Parlement, même si le droit d'amendement est constitutionnel » a déjà prévenu Xavier Bertrand, le ministre du Travail, à l'attention de sa majorité. Certains, une petite partie, s'opposant à la disparition des CNE (Contrat nouvelle embauche) pourraient proposer un amendement. Du côté du parti socialiste, ni pour ni contre, on se dirige vers l'abstention. « Les sujets majeurs, comme l'avenir de l'assurance-chômage et la formation professionnelle, sont en suspens", a indiqué le député PS Jean-Patrick Gille à l'AFP. Or l'indemnisation, associée à un programme de formation et d'encadrement, c'est là que se situe la contrepartie pour les salariés dans le modèle suédois de la "flexisécurité". Carmela Riposa Lire aussi : L'interview de Gérard Cornilleau, économiste à l'OFCE : "Flexisécurité, l'impossible traduction française", le 17/09/2007 Que dit le projet de loi ?Exit l'idée du contrat unique prôné par le candidat Sarkozy. L'article 1 rappelle que "le CDI (contrat à durée indéterminée) est la forme normale de la relation de travail". L'article 4 stipule que tout licenciement doit être justifié par une cause réelle et sérieuse ; comme c'est le cas dans le Code du travail actuel. Ce CDI continuera d'exister aux côtés des contrats d'intérim et des CDD (contrats à durée déterminée). -Abrogation du CNE Si le projet de loi entérine la disparition du Contrat nouvelle embauche (CNE) tel que le prévoit l'article 9, ces derniers seront automatiquement requalifiés en CDI. -Un CDD expérimental rallongé A titre expérimental, un nouveau CDD serait créé « pour la réalisation d'un objet défini ». Une entreprise pourra embaucher pour une durée de 18 ou 36 mois, un ingénieur ou un cadre, pour une mission précise. Ce type de contrat exige au préalable la conclusion d'un accord de branche ou d'entreprise. Il inclut les stages de fin d'études dans la période d'essai. Il abaisse de 2 à 1 ans l'ancienneté pour prétendre aux indemnités de licenciement. |
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